
Alexandre Goyette interprète de façon magistrale le Frère Marie-Victorin dans le très beau film Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles, scénarisé et réalisé par Lyne Charlebois. On le retrouve aux côtés de Mylène Mackay, qui défend le rôle de l’étudiante de ce grand botaniste et professeur d’université, qui a notamment eu l’idée de créer un jardin botanique à Montréal.
Avant d’être appelé à passer une audition pour le rôle, le comédien avoue qu’il savait bien peu de choses sur le Frère Marie-Victorin. « Mes connaissances étaient très dans la moyenne du monde. Pour moi, c’était le Jardin botanique et une rue, pas grand-chose, en fait. C’est fou de voir comment un homme aussi important dans l’histoire du Québec peut être méconnu », dit-il.
Le film fait la lumière sur sa passion pour la botanique, son travail, la publication de son œuvre, La flore laurentienne, mais s’attarde surtout sur son amitié avec Marcelle Gauvreau. Elle devient sa collaboratrice, puis, il entretient une correspondance avec cette femme. « C’est resté secret pendant très longtemps, dit-il au sujet de ces échanges de lettres dans lesquelles il était notamment question d’amour et de sexualité. C’était une correspondance unique, Marcelle Gauvreau faisait des copies carbone de ses lettres, et elle conservait les lettres de Marie-Victorin. L’église avait reçu ces lettres de la succession de Marcelle Gauvreau, et les avait conservées longtemps dans une voute. Finalement c’est sorti, je trouve ça bien qu’on ait eu cette humilité-là de partager cette correspondance unique avec le grand public. C’était très intense pour l’époque, et je dirais même, à certains égards, encore aujourd’hui, parce qu’on a parfois tendance à redevenir puritains, dit-il au sujet de ces lettres. Marie-Victorin était un homme sexué qui trouvait ça difficile d’être dans les ordres », précise-t-il.
D’ailleurs, comme le confie Alexandre, Marie-Victorin était pour le mariage des prêtres, et s’il n’a pas mené ce combat, c’est une idée qu’il a avancée dans ses lettres. « Il écrivait que les prêtres devraient avoir le droit de se marier, et que l’Église se porterait beaucoup mieux, qu’il y aurait beaucoup moins de frustration chez les prêtres et aussi pour les sœurs. C’est vraiment quelqu’un qui était avant-gardiste, et Marcelle a marché avec lui, elle l’a accompagné dans cet avant-gardisme-là. Cette femme-là, qui était hyper pieuse, a quand même plongé avec lui par amour, je pense. D’ailleurs, la très grande majorité de mes répliques, viennent directement des lettres. C’est du texte de lettres qui a été mis en dialogue », précise-t-il.
Mis à part le jeu brillant d’Alexandre et de Mylène, il faut souligner le travail remarquable d’André Dufour à la direction photo de ce film qui nous offre des images absolument superbes. Les regards que s’échangent Marie-Victorin et Marcelle, tous les non-dits, ajoutent au plaisir de savourer cette production. Pour Alexandre Goyette, ce personnage a été un très beau cadeau dans sa carrière et sa complicité avec Mylène Mackay est palpable. « Ça cliqué avec elle, on a été très main dans la main, on a vraiment été des partenaires supportant l’un pour l’autre. On était dans l’ouverture, c’est-à-dire qu’on se validait l’un l’autre, on se posait des questions, on était vraiment dans une démarche les deux ensemble » ajoute le comédien.
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