Après nous avoir présenté les films autobiographiques 1981, 1987 et 1991, le réalisateur et scénariste Ricardo Trogi nous offre maintenant 1995 qui se penche entre autres sur ses débuts derrière la caméra.

« Le personnage est plus vieux, il y a plus de maturité dans ce film-là que dans les autres. Il est un peu moins loufoque à l’occasion, ça explique qu’il a maintenant 24 ans. J’avais une chance dans la vie de faire la Course et pour la suite, probablement une carrière. C’est à cause de ça qu’il y a un aspect plus sérieux au film, mais ça reste une comédie la majeure partie, dit-il. Il y a encore beaucoup de gags, c’est très sympathique. C’est la fin qui est plus sérieuse que les autres, sinon c’est une continuation logique des autres films.

Ricardo est bien sûr toujours incarné par Jean-Carl Boucher. De 1981 à 1995, cette série de films a été une belle et grande aventure pour le réalisateur et le comédien (il avait 15 ans quand 1981 est sorti sur nos écrans). Comment c’est de grandir et de tourner avec le même comédien durant autant d’années?

« Je pense que c’est l’affaire la plus simple que j’ai à offrir avec ce projet-là. Si quelqu’un n’a jamais vu l’un des films et qu’il essaie de les écouter les quatre dans une journée, il va vraiment voir l’évolution du comédien en temps réel, qui vieillit d’une quinzaine d’années dans sa face. Ça prenait pas juste Jean-Carl, mon père a pris de l’âge avec le premier film que j’ai tourné et là, celui de 2023. Je trouve qu’il y a une vraie maturité à l’écran chez les personnages, c’est super intéressant. J’ai présenté en France, il y a deux ans je pense, les trois premiers films dans un festival et le monde a apprécié cette affaire-là. On l’apprécie moins ici parce qu’on a vu les films au fur et à mesure. Mais si quelqu’un écoute ça dans une journée, c’est le même p’tit gars qui est plus vieux, ça devient intéressant », confie Ricardo.

Le tournage s’est déroulé à Montréal, mais aussi au Maroc, qui devient l’Égypte dans le film, ainsi qu’au Népal. Ricardo nous fait découvrir à quel point il a été à la fois tenace et malchanceux!

 

 

« En Égypte, dans le cadre de La Course, j’ai décidé de faire un film sur l’excision et c’est devenu complexe. J’ai brisé ma caméra et j’avais du monde qui m’emmerdait autour de moi et qui pensait m’aider, mais finalement, ça me ralentissait. C’est un bon échantillon pour comprendre ce qui est arrivé à la plupart des concurrents de ce show de télé (dont le titre original était La course destination monde). Ça duré une dizaine d’années, on est plus de quatre-vingts à avoir fait ça. Philippe Falardeau, Denis Villeneuve, Patrick Masbourian sont passés par là. Si tu regardes la liste, il y a un paquet de monde qu’on connaît là-dedans, et ils ont tous vécu des expériences différentes, ce qui est formidable. Je sais qu’il y en a qui ont rushé plus que d’autres là-dedans, et c’est ce que j’ai mis de l’avant parce que c’est plus propice à la comédie de prendre ce qui est difficile. C’est ce qu’ils disent : la tragédie, avec le temps, ça devient de la comédie. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est écrit quelque part, et c’est exactement ça, dit-il en riant. »

EN SALLES LE 31 JUILLET
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