Malgré le préjugé d’asexualité, les personnes de 50 ans et plus veulent et ont des activités sexuelles. Et parfois, ça vient avec des ITSS. Mais n’ayez crainte, on vous présente les meilleures stratégies pour prévenir la transmission des ITSS et vous laisser profiter de votre sexualité en toute sécurité. Depuis les dix dernières années, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) sont en hausse chez les personnes de 50 ans et plus. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, entre 2011 et 2021, les cas de chlamydia ont plus que doublé au sein de cette population et ceux de gonorrhée ont triplé. Alors que l’on pourrait croire que la sexualité diminue avec l’âge, comment expliquer cette recrudescence des ITSS dans cette tranche d’âge?
La sexualité s’arrête-t-elle avec l’âge?
Les personnes de 50 ans et plus sont parfois perçues à tort comme n’ayant plus envie d’avoir des relations sexuelles en raison des nombreux changements qui peuvent affecter leur corps et leur sexualité, tels que les difficultés érectiles, la ménopause, la sécheresse et l’atrophie vaginales, et la venue de certaines limitations motrices. Cependant, pour plusieurs, la sexualité est tout autant désirée et s’ajuste à ces changements : on transforme nos pratiques pour s’adapter aux besoins du corps, on repense la sexualité au-delà de la pénétration et on s’arme d’outils bien connus comme le lubrifiant ou le Viagra pour pallier les difficultés qui se présentent. Le problème avec le préjugé d’asexualité relié à l’âge, c’est que l’on a tendance à exclure les personnes de 50 ans et plus des conversations sur la santé sexuelle. En effet, les médecins oublient souvent d’aborder la sexualité avec leur patientèle plus mature tandis que cette dernière, par gêne ou manque d’habitude, n’ose parfois pas poser de questions sur le sujet. Pourtant, plusieurs personnes vivent des changements relationnels importants à cette étape de leur vie – comme un divorce ou le décès de leur conjoint·e –, ce qui peut les amener à rencontrer de nouveaux ou nouvelles partenaires et à être exposées aux ITSS. Bref, la sexualité est bien active même après 50 ans… et les ITSS aussi.
Des barrières à la prise en charge de sa santé sexuelle
Certaines personnes ont l’impression que les ITSS et leur dépistage ne les concernent pas. Pourtant, les ITSS ne discriminent pas : elles peuvent toucher tout le monde! Si vous croyez en être à l’abri, c’est peut-être que vous entretenez de fausses croyances à leur sujet. En voici quelques-unes :

Mythe 1 : Les ITSS se transmettent uniquement lors de la pénétration. En réalité, les ITSS se transmettent aussi lors des activités orales, du partage de jouets sexuels et de stimulations avec les mains et les doigts sans protection.
Mythe 2 : Pas de symptômes, pas de problèmes. Hélas, les ITSS se présentent le plus souvent sans symptômes, ce qui veut dire qu’on peut avoir une ITSS et la transmettre sans le savoir.
Mythe 3 : Les personnes qui ont des ITSS ont beaucoup de partenaires. Bien que le fait d’avoir plusieurs partenaires soit un facteur de risque, il n’explique pas le risque à lui seul. Par exemple, si on a récemment changé de partenaire et qu’on décide d’enlever les protections sans passer de test de dépistage, on peut transmettre une ITSS sans le savoir.
Mythe 4 : Les personnes qui insistent pour se protéger ou se faire dépister ont quelque chose à cacher. Bien au contraire : ce sont des stratégies de protection pour éviter une ITSS et non pour la cacher. Accorder de l’importance au dépistage ou à la protection est plutôt une façon de prendre soin de soi et de l’autre pour pouvoir mieux profiter de notre intimité partagée.
Mythe 5 : Seules les personnes peu responsables ont des ITSS. Tout le monde peut contracter une ITSS. En fait, une personne qui vous annonce qu’elle a une ITSS prend plutôt ses responsabilités pour éviter de vous la transmettre ou vous encourager à vous faire dépister pour recevoir les soins nécessaires à votre tour.
Réduire les risques sans réduire le plaisir, ça se peut?
Pas de panique! La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des méthodes efficaces pour réduire les risques sans pour autant sacrifier vos moments caliente.
Méthodes de protection barrière
Comme leur nom l’indique, les méthodes de protection barrière visent à créer une paroi pendant les activités sexuelles pour limiter la transmission des ITSS. Plusieurs options existent en fonction de vos activités :
- le condom pour la pénétration vaginale, anale ou orale;
- la digue sexuelle pour la stimulation de la vulve ou de l’anus avec la bouche;
- le gant ou le doigt de latex pour les stimulations avec les mains ou les doigts.
Ces méthodes sont efficaces, mais pas toujours à 100 %, puisqu’on peut les installer incorrectement et que certaines ITSS – comme la syphilis, le VPH et le virus herpès simplex (VHS) – peuvent causer des lésions qui dépassent la région protégée. La clé est de combiner ces méthodes au dépistage et d’avoir une bonne conversation avec votre partenaire.

Dépistage régulier
Le dépistage est une méthode de prévention qui vise à détecter puis à traiter les ITSS insoupçonnées. C’est pourquoi on vous recommande de ne pas attendre d’avoir des symptômes avant d’aller vous faire dépister si vous vous retrouvez dans l’une des situations suivantes :
- vous êtes dans une relation stable et vous souhaitez cesser l’utilisation des méthodes de protection;
- vous ne connaissez pas le statut de santé sexuelle de vos partenaires présent·e·s ou passé·e·s;
- vous avez changé de partenaire.
Si vous n’avez pas accès à un·e médecin ou si l’idée de lui parler de dépistage vous horripile, il est possible de prendre rendez-vous auprès de ressources spécialisées en dépistage, comme Prelib. Le Club Sexu a aussi conçu son propre outil de recherche dans le cadre du DépistaFest, le festival annuel de dépistage des ITSS au Québec, pour vous aider à trouver la clinique la plus adaptée à vos besoins. Si vous croyez avoir des symptômes d’une ITSS, prenez rendez-vous pour une consultation médicale le plus rapidement possible.


