« Je suis très fière d’avoir créé le concept de déjeuner »
– Cora Tsouflidou

Le soleil, image emblématique de Cora déjeuners, n’a pas brillé à tous les jours dans la vie de la fondatrice Cora Tsouflidou (née Mussely le 27 mai 1947 à Caplan en Gaspésie). Elle aura tout de même réussi à créer un empire. « Ma vie n’a pas été facile. Cependant, en 1987, le jour de mes 40 ans, j’ai ouvert un tout petit restaurant de déjeuner (quelque 29 places) qui est devenu une chaîne de restaurants de déjeuners».
Un rêve
Pour tout dire, au moment d’ouvrir son premier restaurant, Madame Cora revenait de loin. Son enfance en Gaspésie a surtout été marquée d’un climat familial difficile avec un père, Amédée, qui travaillait beaucoup et était privé d’amour par son épouse, Paula, qui s’était plutôt éprise d’un protestant qu’elle n’avait pu marier en raison des mœurs du temps.
La jeune Cora quitte sa famille à 13 ans et entreprend son cours classique à l’Institut Cardinal-Léger de Montréal avec comme objectif de devenir écrivaine.
Sa vie matrimoniale n’a pas été plus facile, par la suite, avec son mari de qui elle a eu trois enfants, dont le premier de façon inopinée (l’arrivée de son premier enfant, à 20 ans, l’oblige à quitter ses études classiques et à renoncer à des études à la réputée université de la Sorbonne à Paris où elle avait réussi à être acceptée). « J’ai été mal mariée. J’ai été mariée 13 ans. Puis, j’ai quitté mon mari. Je suis allée travailler dans un grand restaurant pour gagner ma vie avec trois enfants. C’était difficile et j’étais épuisée. (Elle a démissionné). Je me suis reposée pendant trois mois à la maison ».
Et puis, la chance a tourné de façon définitive en 1987.
«Un matin, en allant reconduire mon garçon en ville (Montréal), j’ai vu la pancarte d’un petit restaurant à vendre sur le boulevard de la Côte-Vertu (Ville Saint-Laurent). En revenant d’être allée reconduire mon garçon, je suis arrêté dans le stationnement du petit restaurant en question, j’ai appelé au numéro de téléphone indiqué sur la pancarte et j’ai acheté le restaurant. C’est comme ça que j’ai commencé ».

Des franchises
Le succès est tel, par la suite, qu’en 1992 Cora et ses enfants exploitent neuf restaurants Cora déjeuners et dîners. Puis, en 1994, la «reine du déjeuner» décide de commercialiser son concept déjà bien établi et la première franchise Cora déjeuners et dîners ouvre ses portes à Pointe-Claire au Québec. « Comme j’ai toujours été une intellectuelle qui s’instruisait en lisant, j’ai lu toutes les règles pour devenir franchiseur. Je suis devenue franchiseur et nous avons maintenant des restaurants de Vancouver à Terre-Neuve ».
La question nous brûlait les lèvres, comme sans doute à vous chers lecteurs : le passage aux États-Unis, est-il dans vos projets ? « On ne peut pas dire non aux États-Unis » note Cora Tsouflidou.
Si elle garde un œil là-dessus, il faut bien dire que le dossier est mené par son fils Nicholas à qui la fondatrice a cédé les rênes de la compagnie en 2008. « Nicholas travaille avec moi depuis 1987. C’est certain qu’il allait aussi à l’école (dans les débuts). Je l’ai nommé président. Je suis toujours là, mais c’est lui qui prend les grandes décisions ».
La création
Par ailleurs, quand on lui demande ce qui est le plus source de fierté pour elle, Madame Cora revient inévitablement à la base de son succès. « Je suis très fière d’avoir créé le concept de déjeuner (tel qu’on le connaît aujourd’hui). J’ai toujours été une intellectuelle, très créatrice. J’ai beaucoup de talent pour créer des choses et ce concept de déjeuner, ça été pour moi une grande réussite».
Une réussite qui a été maintes fois soulignée par une kyrielle d’honneurs et de prix que la principale intéressée accueille avec modestie. « Je suis toujours contente de recevoir des honneurs (ou hommages), mais je ne me suis jamais gargarisé avec mon succès. Je suis très simple. Je viens de la Gaspésie. Je suis devenue une grande femme d’affaires à cause de mon talent, mais surtout de ma créativité. Je me suis toujours instruite dans ma vie est ça m’a beaucoup aidé ».
Le blues du businessman
Par ailleurs, quand on regarde le parcours de Cora Tsouflidou, on ne peut que faire un rapprochement avec Le blues du businessman de l’opéra rock Starmania. J’ai réussi et j’en suis fier Au fond, je n’ai qu’un seul regret J’fais pas ce j’aurais voulu faire (…) J’aurais voulu être un artiste chante, notamment, Claude Dubois. Madame Cora aura su faire les deux, étant à la fois une femme d’affaires reconnue et depuis quelques années une écrivaine, comme elle en a toujours rêvé.
« Je n’ai, effectivement, pas perdu mon talent d’artiste. Je fais des lettres pour les lecteurs à toutes les semaines. J’ai écrit un livre qui a été publié en octobre dernier (Cora : l’ordinaire endimanché). J’ai fait mon cours classique. Je suis curieuse de nature et j’aime m’instruire. Il y a toujours un détail à apprendre. Je voulais être un écrivain, mais la vie en a voulu autrement. Maintenant, je siège sur le conseil d’administration de mon entreprise et j’écris; ce que j’ai toujours voulu faire » indique-t-elle quand on lui fait le parallèle avec le texte de la chanson.
D’ailleurs, outre Cora : l’ordinaire endimanché, Cora Tsouflidou a écrit Déjeuner avec: Cora (2001) et Entre le soleil et moi (2011) qui sont des autobiographies.
Devenir centenaire
Quant à l’avenir, il paraît clair à ses yeux: « Malgré toutes les embûches que j’ai pu avoir, je veux dépasser 100 ans. Je ne suis pas malade. Je suis en pleine forme. Je veux continuer comme ça. C’est sûr et certain. Probablement que je serai là pour faire l’inauguration américaine (…) Quand j’ai commencé à mettre en place le système de franchises, tout le monde voulait en avoir une. J’ai donc fait du mentorat au début de ma carrière. J’ai encore quelques mentorés que j’aide beaucoup. Mais, maintenant, je me consacre davantage à l’écriture et au comité exécutif de mon entreprise ».
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