Pour la majorité des gens, nos parents sont nos phares, nos lumières et nos rocs. Ils nous ont donné la vie et nous ont montré le chemin, un chemin. Grandir avec des parents aimants et attentionnés est un bonheur. Mais un jour, tout bascule. Nous devenons les parents de nos parents. C’est notre tour de prendre soin d’eux, de les guider et de voir à leur sécurité.

Proche aidante bien malgré elle.

Jean-Charles, 98 ans, conduisait toujours son véhicule à 94 ans. Fier, autonome et sociable, la pandémie a brisé en lui son besoin de socialisation. Ses sens cognitifs le quittaient tranquillement jusqu’à ses 98 ans. Ses filles, très présentes dans sa vie, s’occupent de lui depuis la mort de sa femme il y a maintenant 10 ans. Une présence familiale rassurante. Une de ses filles, Margot, vit plus près physiquement de lui depuis qu’il a emménagé dans une RPA. Elle le visite régulièrement, s’occupe de lui physiquement et psychologiquement pendant que sa sœur s’occupe des finances et l’appelle cinq fois par jour pour les suivis, pilules, repas, télé entre autres. La paix d’esprit pour Jean-Charles.

Depuis quelques années, la mémoire à court terme et la mobilité de Jean-Charles lui font défaut. Il devient de plus en plus semi-autonome à la limite de l’autonomie. Margot devient alors sa bouée, son bâton de vieillesse et lui rend visite quotidiennement, mettant presque sur pause sa vie professionnelle et personnelle pour soutenir son papa. Après un épisode malheureux de 3 chutes en 4 jours, il doit être hospitalisé. Un choc pour lui et la famille puisqu’il ne retrouvera plus jamais son milieu de vie, ses ami, ses repères et le confort de sa RPA.

La perte d’autonomie de Jean-Charles est fulgurante. Sa fille jongle avec l’idée de l’amener vivre chez elle, le retourner en RPA avec une supervision accrue ou en CHSLD. La décision est déchirante mais il faut penser à lui avant tout, à ses besoins. Le système social le prendra en charge rapidement et Jean-Charles recevra les soins nécessaires dans sa condition en CHSLD. Margot doit s’y résigner.

« Je ne sais pas le moment exact où tout a basculé, le moment où je suis devenu le parent. Mais je sentais en lui une sérénité, un abandon de sa part d’avoir quelqu’un de proche pour s’occuper de lui. Mais je dois avouer que j’en ai besoin autant que lui. Je ressens un bien-être de voir qu’il reçoit des soins à la hauteur de sa bonté. Devenir proche aidante a été un choix facile pour moi. » Nous lance candidement Margot pour clore l’entrevue.

Une belle leçon d’humanité.

Les anges de Michael Tosta : Anne Caligari, Julie Durocher et François Cyr

Nous sommes en 1962. Un certain Michael quitte son Connecticut natal pour venir s’installer au Québec. Professeur d’anglais tout d’abord au Séminaire Lionel-Groulx et par la suite au CEGEP, il décide de s’implanter dans l’univers francophone de Sainte-Thérèse à un lancer de pierre de son travail qu’il chérit plus que tout au monde. Chemin faisant, Michael atteint l’âge de la retraite et se retrouve du jour au lendemain seul, sans famille, qui vit à plus de 600 km de lui, sans enfants mais entouré de voisins exceptionnels. Cet écrivain prolifique, au caractère explosif, gagne même un prix remis au meilleur scénario présenté à Hollywood. Rien de moins.

Cet homme vieillissant est loin d’être un être social et vit même reclus avec peu de contacts extérieurs. Un jour, il enfourche son vélo et croise son voisin immédiat François, un cycliste aguerri, qui remarque que l’un des pneus de la vieille bicyclette est à plat. Il l’arrête et s’empresse de régler le problème.Une longue amitié vient de voir le jour et sans le savoir, François, deviendra proche aidant du bourgeonneux Michael, et ce, malgré l’absence de lien de sang. Une autre voisine, Anne, originaire d’Angleterre, d’une douceur exceptionnelle typiquement british et nouvellement immigrée au Canada, viendra aussi porter main forte à son voisin par simple bonté de cœur. Ensemble, ils s’occupent de lui comme d’un parent.

Les deux voisins veillent sur l’américain pourtant pas toujours commode, mais qui a une confiance aveugle en ses voisins. Vivre dans une maison comporte son lot d’entretien, son lot de tracas et Michael, de loin plus intello que manuel fait appel à un nombre impressionnant d’entrepreneurs qui n’ont pas toujours le sens moral aiguisé. Mais François veille au grain et le protège comme son père.

« J’ai fait avec Michael ce que je n’avais pas fait avec mon propre père » lance François. «Je ne pouvais pas, en bonne conscience, le laisser à son sort ». Anne, avec sa voix douce, viendra appuyer les dires de François.

N’ayant aucune parenté vivant au Québec, lors de son décès, c’est François qui prendra la relève pour la succession et veillera au grain. La bonté est innée en lui.

 

 


 

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