Il se déhanche et sourit. Rapide comme l’éclair, il affiche un clin d’œil complice et quelques blagues invitantes. Il fait bouger chacun de ses muscles pour le plus grand plaisir de toutes ces femmes qui en redemandent avec toute l’exaltation de leurs sens. Bienvenue dans le monde des danseurs nus.
Âgé de 37 ans, Guillaume fait ce métier depuis 19 ans. Pas besoin de fréquenter les gymnases pour garder son corps de dieu grec. Son travail dans la construction lui permet de garder la forme.
C’est une connaissance qui lui a fait découvrir ce monde un peu particulier dans un bar gay. «Ce n’est pas un rêve d’enfant que d’être danseur nu. La première fois, je l’avoue, j’étais un peu nerveux. Quand même, ça s’est bien passé. Je me suis senti excité. Être payé pour du sexe, c’est génial», dit-il.
«Frivolité ne veut pas dire que tout est permis», souligne Guillaume, un natif de Montréal qui vit aujourd’hui sur la Rive-Nord. Des limites s’imposent, en effet, pour ceux et celles qui seraient tentés de mordre ou de lécher. Malgré tout, il n’a jamais été abusé et tout s’est toujours passé de façon sécuritaire.
Clientèle
Ses clients? Des femmes, pour la plupart, mais aussi des hommes. Il a déjà dansé pour des personnes paraplégiques, des gens en fin de vie et même des femmes enceintes.«Les femmes sont plus réservées même s’il a déjà reçu certaines propositions. C’est toujours un plus gros défi pour le danseur. L’idée, encore et toujours, c’est de plaire à son auditoire.»
Si les femmes sont plus réservées, les hommes, en revanche, sont plus jaloux. Il n’est rare qu’un mari ou un conjoint intervienne en plein spectacle pour arrêter le party. Les hommes, eux, s’en permettent plus. «On peut me taper les fesses et m’effleurer, mais pas question de toucher à mon pénis. En fait, on ne sait jamais quand on participe à ces rencontres. Au bout du compte, une bonne soirée peut rapporter entre 1 000$ et 2,000$. «Il m’arrive parfois de remplir 6 ou 7 contrats. Pour nous, la grosse saison, c’est encore l’été. Ça reste un travail très payant», dit-il.
Question d’ajouter un peu de piquant dans les soirées, Guillaume n’hésite pas à se déguiser aussi en père Noël et en lutin si la cliente le demande. «C’est toujours une surprise. Dans notre costume de policier, on arrive sur place avec notre déguisement et on simule leur arrestation. Ça met de l’ambiance à tout coup.»
Accueil
«Mon père a déjà travaillé, un an, au bar du 281. Il a donc bien accepté la chose. Pour ma mère, ce fut un plus difficile. Je dirais même que ce fut un choc.»
Sa conjointe, avec qui il partage son quotidien depuis 10 ans, n’ a eu aucun problème, elle non plus, à accepter cette réalité. Père de deux filles âgées de 7 et 8 ans, Guillaume hésite encore à aborder la question avec elles. «Quand elles me voient partir avec mon costume, elles croient encore que leur père est policier et qu’il quitte la maison pour aller travailler.»
«J’aime ce métier, pour l’argent, bien sûr, mais aussi le bonheur que je peux répandre autour de moi.» Guillaume ne sait pas quand l’aventure va se terminer. «À 40 ans peut-être ou plus tard si la demande est toujours là.»
Guillaume voudrait s’impliquer auprès des jeunes en leur apportant son soutien. «J’aimerais rencontrer les jeunes danseurs nus pour leur parler du métier, des avantages, des inconvénients et des qualités nécessaires pour devenir un bon danseur et mieux les préparer ainsi à ce qui peut arriver. Il y a une façon de bien faire les choses dans ce métier.»
Guillaume est l’un des danseurs de l’équipe de Danseurs Montréal. danseursmontreal.com
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