Cinquante-cinq ans après la sortie en salle du film Deux femmes en or de Claude Fournier, on a droit à cette nouvelle mouture signée Chloé Robichaud, qui est en fait l’adaptation de la pièce de théâtre du même titre écrite par Catherine Léger. Elle signe d’ailleurs le scénario de cette production qui met en vedette Laurence Leboeuf et Karine Gonthier-Hydman. Le résultat : un film brillant et amusant, avec ses pistes de réflexion sur des sujets bien actuels, porté par une distribution toute étoile et une réalisation dynamique et léchée.


J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec les deux comédiennes ainsi qu’avec la réalisatrice Chloé Robichaud. Toutes les trois ont bien sûr été soufflées que le film ait remporté en janvier le Prix spécial du jury du prestigieux Festival Sundance. Un exploit, sans compter que les spectateurs ont réservé un très bel accueil à Deux femmes en or.

« Le soir de la première a été un grand moment, raconte Laurence. C’était particulier d’être assis dans une salle où la majorité des gens étaient anglophones, donc ils écoutaient un film sous-titré en anglais. On appréhendait leurs réactions, ils n’avaient pas les références culturelles, est-ce que l’humour allait fonctionner, mais les entendre rire dès le début, ça été vraiment précieux comme moment. On a senti le monde embarquer et s’attacher, ça été une très belle expérience. »

« Quand je vois le film, je me dis que j’ai accompli ce que je voulais. Il a beaucoup de choses à offrir, dépendant où tu en es dans ta vie, dans tes relations » – Chloé Robichaud

 

Laurence décrit son personnage comme une femme un peu coincée dans sa solitude, dans sa mélancolie, sa vulnérabilité et sa maternité. « C’est quelqu’un qui a un feu qui l’habite, elle est un petit peu naïve, et elle attend juste de pouvoir repartir la flamme qu’elle a à l’intérieur d’elle. »

Chose certaine, ce film va certainement générer beaucoup de conversations auprès des spectateurs, compte tenu de tous les sujets qui sont abordés par l’autrice.

 

 

 

Une belle aventure dans la complicité

« Je suis très emballée pour la sortie au Québec, j’ai vraiment hâte, confie Chloé Robichaud. On a fait un film pour que ce soit rassembleur, j’espère que les gens vont y aller en grand nombre. » La réalisatrice a été approchée il y a cinq ans par Catherine Léger qui lui a appris qu’elle avait créé la pièce de théâtre Deux femmes en or. « J’étais hyper emballée parce que j’ai vu toutes ses pièces, je trouve qu’elle a un ton unique, et un humour profond et intelligent. J’étais ravi de pouvoir faire ce film, d’autant plus que Deux femmes en or est un film culte qui parle de nous. Alors il y avait quelque chose de l’ordre de l’honneur, et j’étais ravie de plonger là-dedans. »

Bien sûr, les deux comédiennes ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de Chloé Robichaud. « Elle a une vision et une grande sensibilité, ça été une super belle expérience de travailler avec elle. Elle était à l’écoute de ce qu’on pouvait suggérer », confie Laurence. Même son de cloche chez Karine Gonthier-Hydman.

« Laurence et Karine ont un sens de la comédie vraiment inné, elles sont tellement intelligentes et créatives! On a vraiment fait ce travail-là dans un esprit de collaboration et d’amitié. Ce sont d’excellentes comédiennes, mais je pense que la chimie opérait réellement entre elles. Ça ne s’explique pas, des fois ça clique, il y a des étincelles, et on est chanceux quand ça se produit », ajoute-t-elle.

Cette chimie, cette complicité entre les deux femmes qui, au début du film, ne se connaissent pas et se lient d’amitié au gré de leurs confidences, est vraiment évidente.

« Je ne connaissais pas du tout Laurence, dit Karine, je pense que notre complicité vient du fait qu’on est diamétralement opposées. Déjà, sur le plan physique, on est extrêmement différentes. Ce qu’on voit physiquement, c’est aussi le reflet de nos caractères, et très rapidement, on s’est senti en sécurité l’une avec l’autre. Il y a quelque chose qui s’est développé naturellement entre nous », ajoute la comédienne, qui joue entre autres une scène vraiment délicieuse et réussie avec Fabien Cloutier dans le film. « Ça, c’est le génie de l’écriture de Catherine Léger, on dit tout sauf ce qu’on veut vraiment dire. Sa grande force est d’écrire des dialogues qui ont du mordant, mais en même temps, ils sont très naturels », ajoute-t-elle.

 

« Je suis fière d’avoir fait le film que j’avais en tête, ajoute Chloé. On a une idée au départ, on sait dans quelle direction on veut aller, mais de tenir notre idée jusqu’au bout sur des années, c’est vraiment périlleux. Quand je vois le film, je me dis que j’ai accompli ce que je voulais. Je pense que les gens vont être un peu étonnés, positivement, par la profondeur du film. Il a beaucoup de choses à offrir, dépendant où tu en es dans ta vie, dans tes relations, et après l’avoir vu, il y a de la matière à réflexion. Le film a une belle complexité, il est dense, et ça, ça vient du génie de l’écriture de Catherine, elle est capable de faire rire, et aussi de faire réfléchir. »

Fait à noter, Louise Turcot et Donald Pilon, qui étaient de la distribution de Deux femmes en or en 1970, font de courtes apparitions dans cette production. Un beau clin d’œil.

« On veut que le film génère des conversations, que ça fasse brasser des émotions », ajoute Laurence. C’est exactement ce qui devrait se produire, en plus de faire courir les foules dans les cinémas.

 

 

 


 

 

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