
Il y a trente ans cette année qu’un jeune chanteur et auteur-compositeur se faisait découvrir en lançant un album titré Obsession. N’importe quoi a connu un succès immédiat, et trente ans plus tard, Éric Lapointe est toujours présent sur la scène musicale. Il a beaucoup de spectacles à son agenda et il a même réengistré ce premier album qui sera lancé le printemps prochain.
Disons-le d’emblée : Éric Lapointe n’a jamais cessé de faire de la musique, même si plusieurs se sont demandé ce qu’il allait faire, à la suite de l’événement survenu en 2019. En octobre 2020, le chanteur a reçu une absolution inconditionnelle après avoir plaidé coupable à une accusation de voies de fait contre une femme, un événement survenu chez lui.
« Sur le plan médiatique, on parlait moins de moi, mais j’ai quand même sorti deux albums, Entracte (un album acoustique) et Je marche dans ma vie. Je n’ai jamais vraiment arrêté de jouer, mes salles ont toujours été pleines. Les radios ont recommencé à me tourner, c’est sûr que là, on joue de plus en plus. C’est plein partout, on bat des records d’assistance partout où on passe, et on a eu un super bel été. J’ai toujours la même gang de musiciens et le public ne m’a jamais lâché. » D’ailleurs, au début septembre, il était en spectacle au Capitole et il s’est probablement produit, au moment où vous lisez ces lignes, à L’Espace St-Denis à Montréal.
Un nouvel album qui connait le succès

Soulignons que l’album Je marche dans ma vie lancé l’an dernier connait un beau succès. « Il y a une belle réaction et en même temps, je n’ai pas eu les mêmes outils de promotion que pour les albums précédents. Les radios n’ont pas joué mes nouvelles chansons, il n’y a pas eu d’entrevues, je n’ai pas eu de présence médiatique pour présenter cet album-là. Je sais qu’aujourd’hui, les gens vont chercher la musique qu’ils veulent et comme ils veulent, et j’ai vu qu’y avait un bon achalandage. Les gens vont écouter l’album parce qu’en show, je les vois chanter les nouvelles chansons. Pour mon album acoustique Entracte, j’ai revisité beaucoup de mes vieilles chansons sans drum, sans basse, c’est vraiment acoustique pour mettre les textes en évidence. Chaque album représente une partie de ma vie, quand t’écris une chanson, c’est souvent pour exprimer des émotions que t’es pas capable d’identifier. D’une certaine façon, écrire des chansons est un geste thérapeutique. Avec le recul, quand j’ai enregistré ces chansons-là, il y a eu une espèce de compréhension, de rétrospective affective qui s’est amorcée qui a contribué à l’écriture de Je marche dans ma vie. »
On se souviendra qu’en janvier dernier, Éric avait accordé une entrevue à Sophie Durocher, diffusée à TVA, dans laquelle il s’était mis à nu. Sent-il que le vent a quelque peu tourné depuis la diffusion de cet entretien?
« C’est sûr que cette entrevue-là était un passage obligé, le mea-culpa public. J’ai fait mon mea-culpa devant un juge avec les propos retenus en cour et repris par les médias, et c’était mieux pour le monde que ce soit fait publiquement. Je t’avoue que ça n’a pas été l’exercice ou l’heure la plus agréable de mon existence. Faire une thérapie devant un million de personnes, c’est pas le fun, mais je pense que c’était nécessaire. Je n’ai jamais eu de problème avec le public, il a toujours été au rendez-vous et finalement, je pense que chacun peut avoir son opinion et faire la part des choses. Je pense que c’était à moi de faire la job et je pense que j’ai été intègre. Je suis intense, je suis franc, j’ai toujours joué le jeu de la vérité. Jusqu’à maintenant, ça m’a toujours bien servi. »
30 ans de carrière
Si Éric connait le succès lors de ses spectacles, il reste qu’on ne le voit pas à la télé et ses nouvelles chansons ne tournent pas à la radio. « En plus, il n’existe plus beaucoup de shows télé où on peut aller performer. J’espère, entre autres, avoir la chance d’aller chanter à Star Académie, à Belle et Bum, et ce serait le fun de faire des émissions spéciales pour mes trente ans de carrière. Je pense que c’est important. Ça m’a fait beaucoup de peine de ne pas avoir été invité aux événements rendant hommage à Jean-Pierre Ferland. J’espère avoir la chance de me reprendre parce que, outre le fait qu’il a été d’une grande inspiration pour moi, j’ai repris plusieurs de ses chansons et j’ai aussi chanté avec lui. J’aurais aimé participer au moins à la Saint-Jean et aux numéros hommage, mais j’ai passé encore mon tour cette année pour les spectacles télévisés. Écoute, je le comprends, mais le temps joue en ma faveur. On vit une époque spéciale et il faut vivre avec. »
Le 28 septembre, Éric célébrera son 55e anniversaire de naissance, un chiffre de plus qui ne veut pas dire grand-chose pour lui. « C’est une année de plus, mais à un moment donné, on regarde plus ça, mis à part que le 55 était le numéro de Bruno, mon numéro dans les Boys. J’essaie de pas trop y penser qu’on s’en va vers 60 et qu’on s’éloigne de 50, mais quand même, il y a plein de réflexions qui viennent avec ça. On entend tout le temps dire que la musique garde jeune, c’est sûr qu’on reste toujours jeunes de cœur. Je me sens encore un kid, ça va faire un an que j’ai arrêté de consommer toute substance. Comme je suis un excessif, il a fallu que je me défoule dans autre chose, je me suis lancé dans le sport, dans le gym, dans la boxe. Je m’entraîne plusieurs heures par jour. À un moment donné, j’étais rendu à 220 livres et je suis descendu à 180. Ça fait du bien! Le fait de chanter demande beaucoup au niveau pulmonaire et là, je chante comme je n’ai jamais chanté. J’ai du fun à faire des shows, je suis infatigable. »
Quant à l’album Obsession que le chanteur a complètement réengegistré, il confie : « On l’a fait dans les mêmes tonalités, avec les mêmes arrangements. Ma voix a changé, mais j’ai été capable de chanter les mêmes notes sans problème. Et je dois t’avouer que je trouve que j’ai une plus belle voix aujourd’hui que lorsque j’avais vingt ans. Il y a plus de maturité dans la voix, ça se sent. J’ai aussi réalisé qu’il y avait des choses magiques dans cet album-là. »
L’an prochain, Éric prévoit mener deux tournées de front, soit l’une acoustique, et l’autre avec son spectacle rock. Bref, Éric va très bien. Au passage, je lui ai demandé des nouvelles de sa mère, sa fan numéro un. « Elle va bien, je lui avais acheté une maison à Terrebonne, il y a plusieurs années, et ça faisait un bon moment qu’elle parlait de déménager dans une résidence privée. Sa maison a été louée, et elle est heureuse comme ça ne se peut pas. Elle a un bel appartement et elle a accès à plein d’activités. Tu vois, avant elle m’appelait trois ou quatre fois par jour et là, non seulement elle ne m’appelle plus, mais elle ne répond plus, elle est trop occupée! »
Pour informations : ericlapointe.com
Voyez l’interprétation de C’était l’hiver




