Personne n’est à l’abri de la violence conjugale. En effet, tout le monde connaît quelqu’un, quelque part, qui a été victime de violence physique ou psychologique. L’an dernier seulement, plus de 50 000 demandes ont été faites à SOS violence conjugale et les demandes ne cessent de croître avec les années. Au total, plus de 1 million de demandes ont été adressées à SOS violence conjugale depuis ses tout débuts.

Cet organisme a été mis sur pied, en 1987, pour servir de première ligne à la lutte faite à la violence, tant physique que psychologique. Au bout du compte, on veut contribuer à la sécurité des victimes de violence en redirigeant les victimes vers toutes les ressources utiles aux personnes touchées et à leurs proches.

SOS violence conjugale offre des services d’accueil, d’information, de sensibilisation aux victimes de violence conjugale (actuelle ou passée) et leurs proches, de même qu’aux victimes de violence après séparation et à leurs proches. « Quand on identifie la violence dans sa relation amoureuse, on est souvent confronté à plusieurs enjeux et à beaucoup de souffrance », explique la porte-parole de SOS violence conjugale, Claudine Thibaudeau.

 

Témoignage

Jacynthe (nom d’emprunt) est l’une des personnes touchées par ce phénomène. Elle a partagé son vécu, pendant deux ans, avec un conjoint narcissique pervers aux prises avec cette problématique.

Dans le cas de Jacynthe, c’est un être charmeur aux yeux bleus, très à l’écoute au départ, qui a fait basculer son coeur. « Il exerçait sur moi un contrôle sur tout. Il choisissait mes robes, décidait des amis que je fréquentais et terminait mes phrases pour moi. C’est après deux ans de fréquentations que j’ai compris les alias de cette problématique. J’ai commencé alors à me rebeller. J’ai réalisé que cette relation se serait probablement terminée en violence physique avec le temps. »

De son côté, elle préfère parler de violence psychologique. Carriériste accomplie, elle comprenait mal ce qui lui arrivait. Après deux ans de remise en question, elle décide enfin de tout abandonner. Heureusement, avec le temps, elle ne traîne plus les plaies de cette relation toxique. Jacynthe s’étonne d’être tombée dans un tel piège, elle qui présente pourtant un solide bagage universitaire.

Personne égocentrique

« La violence débute assez tôt dans la relation et augmente au fur et à mesure que la relation grandit », selon Mme Thibaudeau. Avec le temps, les reproches se font de plus en plus nombreux et les victimes se retrouvent ainsi plus isolées. «Des commentaires comme : « Si tu ne m’avais pas dit ça, cela ne serait jamais arrivé » ou « on dirait que tu fais exprès pour me pousser à bout » sont monnaie courante.

 

Préparer son départ

« Quitter une relation de violence conjugale comporte des enjeux et implique de nombreuses démarches. Si une personne envisage une séparation ou songe à se réfugier en maison d’hébergement, c’est probablement parce qu’elle sent que sa sécurité et celle de ses proches est en jeu. Rien n’est plus important que leur sécurité immédiate. Le moment d’un départ peut être particulièrement sensible à ce niveau, car le partenaire violent sent qu’il perd son emprise et qu’il risque d’augmenter l’intensité de sa violence pour la regagner. C’est une décision difficile et les victimes font bien de chercher de l’information pour les soutenir dans leur réflexion », explique Claudine Thibaudeau.

On recommande aux victimes de planifier leur départ avec de l’aide. C’est une réflexion difficile et avoir recours à une intervenante pourrait leur faciliter le chemin. « Une personne ressource pourra les accompagner pour préparer la sortie la plus sécuritaire possible (le moment, le rythme, l’annonce du départ à vos proches, à vos enfants, à votre partenaire, etc.), réfléchir avec vous aux moyens possibles pour favoriser votre sécurité (se réfugier en maison d’hébergement, consulter un avocat, faire une demande d’indemnisation à l’IVAC, etc.) et planifier des scénarios de protection pour elle et ses enfants. »

Contrairement à ce qu’on pourrait espérer, la rupture n’est pas toujours gage de sécurité pour les victimes de violence conjugale, du moins à court terme. En effet, la violence peut se transformer en violence post-séparation et continuer d’avoir des conséquences très importantes dans la vie des victimes et de leurs enfants. La violence post-séparation peut avoir différents objectifs: convaincre la victime de reprendre la relation, poursuivre le contrôle, empêcher la victime de faire valoir ses droits, se venger de ce qui est perçu comme un ultime affront ou simplement avoir le dernier mot. (SOS violence conjugale, 2024).

Mieux vivre avec la violence conjugale

Heureusement, les maisons d’hébergement se font de plus en plus nombreuses. On en compte plus d’une centaine au Québec. S’ajoutent à cela plusieurs lignes téléphoniques, par exemple, et d’autres outils concrets pour aider les victimes dans leur démarche. SOS violence conjugale a mis en ligne un questionnaire interactif pour répondre à l’ensemble aux questions des victimes.

Même si la violence conjugale touche majoritairement les femmes, elle peut affecter aussi les hommes et les personnes issues de la diversité sexuelle et de genre. De fait, les services de SOS violence conjugale sont offerts à toutes les personnes touchées par la problématique.

Signalons enfin que les services de sensibilisation et d’information sont accessibles via ses réseaux sociaux et son site web  (www.sosviolence conjugale.ca). SOS violence conjugale s’engage à fournir des services bilingues, anonymes et confidentiels. On peut participer aussi à une séance de clavardage ou téléphoner au 1-800-363-9010 ou 1-438-601-1211.

 

VICTIME OU TÉMOIN ? N’HÉSITEZ PAS À COMMUNIQUER

 

 

 

 


 

POURSUIVEZ VOTRE LECTURE