
Imaginez la scène; des sœurs jumelles au talent de pianiste hors norme, atteintes d’une rare maladie, l’ostéogenèse imparfaite, qui fragilise les os et ligaments de leurs mains. C’est cette histoire que Prodigieuses relate. Le film de Frédéric et Valentin Potier s’inspire de l’histoire des sœurs Audrey et Diane Pleynet.
Le narratif du film, est celui de Claire et Jeanne, jumelles pianistes virtuoses, admise dans une prestigieuse université de musique dirigée par l’intraitable professeur Klaus Lenhardt. Elles portent ainsi l’ambition de leur père qui a tout sacrifié pour faire d’elles les meilleures. Mais, une maladie orpheline, fragilise peu à peu leurs mains, et compromet brusquement leur ascension. Refusant de renoncer à leur rêve, elles vont devoir se battre et se réinventer pour devenir, plus que jamais, prodigieuses.

Le premier long métrage du duo père-fils Potier montre le combat qu’ont mené les jumelles contre la terrible maladie. Valentin nous explique cette maladie : « c’est une déminéralisation osseuse sévère, les os sont tellement affaiblis qu’elles pourraient se les casser en jouant. Tout leur corps est atteint avec une nette prédominance pour les poignets et les mains. Tout cela s’accompagne d’inflammation, d’œdèmes et de raideur musculaire. Quoi de pire pour des pianistes ? » nous lance-t-il. Impressionnés par cette histoire, de courage et de la résilience, l’idée d’en réaliser un film est venu par lui-même. « Notre film n’est pas seulement une histoire autour du piano, mais surtout une histoire de vie et de rêves à accomplir malgré tout » ajoute Valentin.

Camille Razat et Mélanie Robert, amies de longue date, incarnent avec brio les jumelles Vallois malgré qu’elles ne soient pas sosies. Leur jeu casse l’écran et nous aspire dans leur monde atypique. Isabelle Carré et Franck Dubosc campent les parents, Catherine et Serge. Valentin nous confie: « le choix de Franck a été une évidence. Il y a chez lui ce côté obtus et déterminé, mais aussi capable de véhiculer du rêve. On peut penser que Serge leur fait du mal en les poussant à ce point par ambition, mais finalement il les soutiendra par amour. L’enfer est pavé de bonnes intentions c’est ce que nous voulions dire à travers lui et nous pensions que Franck portait ça en lui. Il a tout de suite compris l’essence du personnage. Il s’est énormément investi. Nous avons trouvé ensemble son look, sa façon de boiter. » Frédéric ajoute sur Isabelle que même s’ils s’étaient laissé dire qu’elle ressemblait aux filles, ce n’est pas pour cette raison qu’ils avaient envie qu’elle endosse le rôle de Catherine. « C’est surtout parce qu’Isabelle incarne la douceur et la bienveillance et qu’elle possède en elle cette force enfouie et surprenante qui colle si bien avec le personnage de Catherine. Elle subit elle aussi la tyrannie de Serge et finit par l’affronter pour ses filles avec lesquelles elle se reconnecte. Ce n’est pas simple à jouer et Isabelle l’a toujours fait avec une grande finesse. » Conclut-il.
Le film nous frappe directement au cœur et laisse des traces. Chaque acteur incarne parfaitement son rôle. Nous sommes bluffés du début à la fin. Force, courage, complicité et amour transpercent l’écran.
Sortie en salle prévue pour 2025


