Patrice L’Écuyer a décidé de se lancer et réaliser un rêve, celui de revenir à la scène pour présenter son tout premier spectacle solo. Un retour, confie-t-il, qui aurait dû se faire beaucoup plus tôt.

« C’est sûr que je n’aurais jamais dû attendre tout ce temps-là, confie-t-il. Mais en même temps, j’ai attendu tout ce temps-là parce que j’étais tellement présent à la télévision! J’avais trois, parfois quatre émissions différentes chaque semaine, et je trouvais que c’était de tirer l’élastique pas mal de demander au monde de venir me voir en plus en spectacle. Il y avait beaucoup de tout ça, mais c’est tellement un plaisir immense. Y arrive rien avec des « j’aurais du,  mais je ne peux pas croire que j’ai attendu tout ce temps-là pour retourner sur scène. Quand tu parles avec les gens qui sont dans le milieu, ils te le disent : la scène et le contact avec le public, il n’y a rien de plus gratifiant que ça. Le monde qui rit, la qualité du silence quand tu racontes quelque chose qui n’est pas drôle, tu le sais tout de suite si tu les perds. Quand le monde n’aime pas ça, t’entends du bruit, t’entend tousser, le monde mange des bonbons, ils se déplacent. Mais quand tu les as, c’est le silence total, c’est un thrill extraordinaire », ajoute l’animateur.

« Je suis retombé sur mes pattes assez vite, j’ai beaucoup de plaisir »

Et les gens qui apprécient l’animateur et l’homme, qui te voient depuis tant d’années à la télévision, à quoi doivent-ils s’attendre en allant voir ce spectacle? « C’est drôle parce que je parle de moi, et comme je n’ai jamais parlé de moi, les gens sont surpris. Les gens un peu plus vieux m’ont connu dans la LNI, dans des choses un peu plus flyées que ce que je fais aujourd’hui et que je faisais les dernières années. Les plus jeunes, eux, sont bien surpris, c’est sur, parce qu’ils ne m’ont pas connu de même pantoute. C’est vraiment un retour avec le monde et ça me fait drôle. Je me rends compte que je suis de la dernière époque où la télévision avait une importance majeure plus qu’aujourd’hui, précise Patrice, qui a eu soixante-cinq ans en février dernier. Aujourd’hui, avec les émissions qui existent sur les plateformes qui existent, ce n’est pas la même affaire. Avant, c’était tout : les gens ont grandi avec moi et les plus jeunes, d’ailleurs, m’ont découvert parce que leurs parents m’écoutaient à la télévision. C’est fou le nombre de jeunes qui me parlent de « Merci beaucoup », ça fait quand même 32 ans, et le monde a 30, 35 ans, ils ne l’ont pas vu », raconte-t-il, visiblement étonné.

Cela dit, avant de décider de s’embarquer dans cette aventure sur scène, Patrice dit s’être demandé ce qu’il pourrait bien faire comme spectacle. « J’en ai parlé à Nicolas Lemay (notamment producteur au contenu, script éditeur et auteur) avec qui j’ai travaillé beaucoup, et il m’a dit : « Parle de tout ce qui t’est arrivé, parle de toi. De un, t’en a jamais parlé, et de deux, on le sait nous-autres, quand on fait des émissions, que durant les pauses publicitaires, des artistes qui viennent faire le show veulent se faire raconter des affaires qui sont arrivées. » C’était une bonne idée. Dans mon show, je parle juste de moi, mais je pourrais faire un show avec toutes les choses qui sont arrivées à tout le monde, dit-il en riant. On est rendus tranquilles, mais au début, c’était assez rock and roll, bien plus qu’aujourd’hui. J’ai su qu’on avait bien fait d’aller dans cette direction parce que je pars du début de ma carrière, quand j’ai commencé comme comédien. Les premières semaines, un technicien qui travaille sur le spectacle m’a dit : « Ça t’est vraiment arrivé, tout ça? » Je lui ai dit que je n’avais rien inventé et il m’a répondu : « Wow! T’as vraiment pas une vie plate! ». Je me rends effectivement compte qu’il y a des affaires que j’avais oubliées, mais je ne réalisais pas à quel point c’était exceptionnel ce que je vivais. J’ai eu des chances extraordinaires et j’en ai encore. Sur le coup, on dirait que tu ne te rends pas compte à quel point ça n’a pas de bon sens », confie Patrice.

Quand on a appris que Patrice L’écuyer avait décidé de présenter un spectacle solo, énormément de personnes ont été étonnées. Beaucoup plus, disons, que si on avait annoncé qu’il allait défendre un rôle important dans une série télévisée. « Oui, et d’ailleurs, j’en parle quand je commence le spectacle, c’est particulier. Ça fait quand même trente-deux ans que je n’ai pas mis les pieds sur scène pour un spectacle. J’ai fait des galas, des choses comme ça, mais pour un show ce n’est jamais arrivé. On est rendu à environ quarante-cinq spectacles faits jusqu’à maintenant (au moment de réaliser cette entrevue), et je suis retombé sur mes pattes. Mais au début, c’était particulier. Je me sens comme à l’époque de la LNI où t’avais tout à prouver. Avant de faire ce spectacle-là, j’ai fait le tour de toutes mes archives et j’ai vraiment ressenti comment je me sentais à mes débuts. Je me rappelle qu’à l’époque de la LNI , on jouait notre vie, on jouait notre carrière pour montrer qu’on était capable de faire quelque chose. On voulait avoir des rôles, on se demandait si on avait de l’avenir dans ce milieu-là. C’était vraiment extraordinaire comme époque, et je suis content parce qu’actuellement, j’ai la même sensation », ajoute l’artiste verbomoteur.

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