À la fin mars, Marguerite Blais a lancé un livre qui a pour titre Au nom des aînés. Le titre ne pouvait être mieux choisi pour celle qui raconte son parcours en politique, tout en confiant qu’elle n’en aura jamais terminé de se préoccuper du sort qu’on réserve aux aînés.
« C’est sûr que c’est un livre qui parle beaucoup de politique, mais j’y parle aussi d’autres choses comme le vieillissement et l’impuissance. Ce n’est pas parce que tu es ministre que tu es puissant pour faire tout ce que tu veux. On va en politique, puis on pense qu’on peut tout changer du jour au lendemain, mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. C’est un peu plus compliqué que ça. Je parle aussi de ma dépression, je dis aux gens que ce n’est pas comme une grippe que tu attrapes : ça s’installe tout doucement à l’intérieur de toi. Tu ne sais pas trop ce qu’il se passe, tu n’es pas bien, tu es malheureux et tout s’effondre. J’ai consulté, ça m’a aidé, et je veux dire aux gens de le faire, il n’y a pas de honte à ça, c’est une réalité de la vie. Il y a une personne sur cinq, au cours de sa vie, qui aura une maladie dite mentale, alors il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable », dit-elle.
Marguerite se dit heureuse de l’accueil que le public a réservé à ce livre dans lequel elle fait état de réalités auxquelles il faut s’attarder. « Ça va prendre éventuellement un ministère du « mieux vieillir », parce qu’on est rendu avec 21 % de la population âgée de 65 ans et plus ; ça fait 1,8 million de personnes. Et on a l’impression, quand on dit le mot retraite, que c’est comme si on se retirait de la vie, et qu’il n’y a plus rien qui fonctionnait et qu’on n’était plus utile. Il faut changer cette perception-là. Quand j’ai commencé à visiter des résidences pour personnes âgées, j’étais beaucoup plus jeune. Maintenant j’ai vieilli, j’en visite, et je suis rendue de l’âge des plus jeunes qui sont dans les résidences. C’est confrontant pour moi, mais ça fait partie d’une réalité. Il y a beaucoup de gens qui se retrouvent dans des résidences parce qu’ils ont perdu leur conjoint ou leur conjointe. S’occuper d’une maison, ça devient trop difficile à un moment donné. La clé, dans tout ça, est de demeurer actif. Si tu portes une jaquette toute la journée, que tu ne sors pas, c’est sûr que ton autonomie et ton goût de vivre vont disparaître plus rapidement », ajoute Marguerite.
Guillaume Nadon, qui a été l’attaché politique de Marguerite et qui a écrit le livre avec elle, confie pour sa part : « Elle ne voulait pas régler des comptes, elle voulait seulement mettre au clair certaines choses, comme des décisions qui ont été prises, quand elle était ministre, avec lesquelles elle n’était pas en accord. Je dirais que c’est un peu comme un accès privilégié aux coulisses du pouvoir, et bien sûr aussi un plaidoyer pour les personnes âgées. Ce livre a été très thérapeutique pour elle » ajoute-t-il, rappelant qu’ils seront tous deux au Salon des aînés de Saint-Jérôme qui aura lieu le 12 septembre prochain.
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