
L’histoire de Marcello Mio est celle d’une femme qui s’appelle Chiara. Actrice, elle est la fille de Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve et le temps d’un été, chahutée dans sa propre vie, elle se raconte qu’elle devrait plutôt vivre la vie de son père. Elle s’habille alors comme lui, parle comme lui, respire comme lui et elle le fait avec une telle force qu’autour d’elle, les autres finissent par y croire et se mettent à l’appeler « Marcello »
.« C’est l’histoire de quelqu’un qui rêve d’être quelqu’un d’autre. Il se trouve que c’est le rêve de Chiara qui rêve d’être Marcello qui par ailleurs est son père de rêve. Longtemps elle fut réduite à sa filiation, avec toute la violence et parfois la malveillance que cela implique. Fille de, fils de… C’est une réduction un peu mortifiante qu’on a tous plus ou moins vécue, parents célèbres ou pas. Marcello Mio rend honneur et justice à Chiara. Elle est Chiara assurément et pleinement, une Chiara qui ne rime plus automatiquement avec papa Mastroianni ou maman Deneuve. » Nous affirme le sympathique scénariste Christophe Honoré.
Dans le film, Chiara Mastroianni joue Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve joue Catherine Deneuve, et ainsi de suite de Melvil Poupaud à Benjamin Biolay. « Oui, mais justement ils jouent ! C’est-à-dire qu’ils réussissent ce tour de force à mes yeux prodigieux, d’être là tout en étant ailleurs, dans ces moments consubstantiels à leur métier où ils s’absentent de tout, les amours, les amis, pour rejoindre ce monde du cinéma littéralement magique et parallèle où le faux devient vrai, et où le vrai porte à faux. » nous confie Christophe qui confirme le sens sous-entendu du film : « comment vit-on avec la mort, l’absence, les fantômes, nos bien-aimés, les souvenirs de notre enfance qui, bons ou mauvais, ne sont pas forcément vrais ? Le fameux roman familial, plus ou moins légendaire. Bien sûr le film parle de tout ça parce que je ne me refais pas. Mais Marcello Mio n’est ni morbide ni funèbre. Ce n’est pas un mémorial, une pierre tombale ou un chromo nostalgique» lance Christophe sans hésiter.
« C’est un bain de jouvence et de renaissance. Pour les personnages, pour les acteurs, pour les personnes, pour le récit. Un bain où je plonge moi aussi avec délice. Marcello Mio est une fantaisie, un film de maturité juvénile. » Conclut Christophe Honoré.




