
Le prétexte de cette entrevue avec Lynda Lemay était de parler du spectacle qu’elle présentera le 1er novembre au Théâtre Gilles-Vigneault. Mais comme toujours, chaque fois que nous avons l’occasion de discuter – la première entrevue réalisée avec elle était en 1990, lors de la sortie de son album Y –, Lynda se fait passionnante, passionnée et intéressante. Lorsque je lui demande comment elle va, elle me parle aussitôt d’un grand moment qu’elle a vécu il y a quelques semaines.
« Ça va très bien, je suis revenue récemment d’Allemagne où je suis allé applaudir ma grande fille d’amour qui faisait des spectacles de cirque (elle fait du trapèze volant). Elle fait ça professionnellement, elle est engagée à longueur d’année, c’est incroyable. Je m’use les mains à l’applaudir tellement je déborde de fierté. Elle est sur son X, c’est incroyable de la voir aller et évoluer dans ce milieu-là, je la trouve vraiment épatante, dit-elle au sujet de Jesse, qui est maintenant âgée de 28 ans. Elle travaille surtout en Europe, à Noël l’an passé, je suis allée la voir à Lisbonne, c’était la première fois de ma vie que j’allais au Portugal. Quand je pense que j’ai écrit dans la chanson Donnez-lui la passion : « Donnez-lui la passion, donnez-lui ce qui fait que quand tout est bidon, quelque chose reste vrai, donnez-lui cette flamme qui ne s’éteint jamais… » Et là, je ne peux pas voir plus passionnée comme fille que Jess, c’est vraiment exceptionnel. »
Comme toujours, Lynda a quantité de spectacles à son horaire, dont près d’une dizaine au Québec d’ici le 20 février, mais principalement en Europe. Imaginez un peu : les 7, 8, et 9 février, elle présentera à l’Olympia de Paris ses 65, 66 et 67e spectacles, un exploit, un record absolu pour un artiste québécois. C’est absolument incroyable, et on ne souligne pas assez à que point l’auteur-compositrice et interprète, qui a plus de trente-cinq ans de métier, est populaire en France, mais aussi en Belgique et en Suisse. « C’est fou raide, moi-même je n’en reviens pas. Des fois, je vois ce qui sort quand je tape mon nom sur Internet, et je me dis : « Mon Dieu, j’ai vraiment tout fait ça! » C’est comme si c’était une autre personne parce que la petite Lynda qui est à la maison et qui écrit ses chansons, c’est la même qu’au début de ma vingtaine. J’ai toujours l’impression d’avoir des choses à prouver, et je veux surprendre autant le public, je veux être à la hauteur des attentes et tout ça. Je me sens toujours au début de quelque chose. Mais quand tu te retournes et tu regardes ce que tu as accompli, c’est vrai que c’est complètement fou. J’ai un grand livre dans ma bibliothèque sur L’Olympia, ça ne fait pas longtemps que c’est sorti, et de voir que j’ai ma place parmi tous ces géants de la chanson là, ça me fait capoter. Je trouve ça beau et je déborde de fierté », confie-t-elle.
Ces spectacles à L’Olympia vont en quelque sorte constituer la fin du grand projet qu’elle a réalisé, soit celui de produire 11 albums en 1111 jours. « Il y a eu La vie est un conte de fous, qui était la tournée qui accompagnait la sortie de ces albums, où j’ai vu naître sur scène plein de ces chansons-là qui avaient été enregistrées. Là, le nouveau spectacle a pour titre La onzième folie, qui est comme la suite de la tournée précédente, et je présente plusieurs nouvelles chansons qui vont faire partie de l’album qui s’en vient. » Comme vous pouvez le constater, pour celle qui célébrera son 60e anniversaire en juillet prochain, les idées de projets, de chansons et de spectacles sont nombreuses! « On regarde toujours vers l’avant », ajoute-t-elle.
Parlons de ce spectacle qu’elle fera à Saint-Jérôme le 1er novembre. « C’est La onzième folie que je vais présenter, c’est un mélange de chansons anciennes, certaines du gros projet des onze albums, et on en a aussi intégré de toutes nouvelles, dont une qui s’appelle La fille de Clément, qui sera peut-être le premier extrait du prochain album. J’ai eu la chance de l’interpréter sur scène récemment à Trois-Rivières, lors du spectacle À coucher dehors (auquel assistait une centaine de personnes en situation d’itinérance). C’est une chanson assez frappante, je trouve que la poésie est de bien choisir pour parler d’un thème très dur qui est l’inceste et la réalité de la rue. C’est du Lynda Lemay, dit-elle, comme, je crois, les gens peuvent s’y attendre. »
Dernier point : Lynda tenait à préciser à quel point elle se considère chanceuse d’avoir un public curieux qui aime découvrir ses nouveautés. « Ils ne se contentent pas de demander des chansons qu’ils connaissent pour pouvoir les chanter avec moi – comme De tes rêves à mes rêves, La lune et le miel et La marmaille, que les gens fredonnent avec moi –, mais il y a aussi cette envie-là de voir ce que j’ai de nouveau pour les surprendre. Et moi, je suis vraiment très heureuse de ça, parce que je ne suis pas rendue au bout de mon inspiration. » On la croit sur parole!
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