Parle-lui pas, c’est un imbécile !

Je comprends pourquoi ton mari est mort, c’est le seul moyen qu’il a trouvé pour se libérer de toi !

Hey, je t’ai dit que tu ne pouvais pas jouer aux cartes avec nous ! Dégage !

On sait bien, toi tu nous donnes toujours du trouble !

Si tu es comme ça, je ne reviens plus te visiter !

Vous avez bien lu. L’intimidation n’est pas exclusive à nos cours d’école ou nos milieux de travail. Des phrases de ce type, aussi assassines que blessantes, sont utilisées envers des ainés. Malheureusement, l’intimidation fait de nombreuses victimes, sans égards à l’âge. Oui, l’intimidation envers les ainés est un fléau aussi dévastateur que la maltraitance. Les victimes ressentent souvent la honte et n’osent pas dénoncer, ce qui amplifie le problème puisque l’intimidateur se sent intouchable et souvent, semble ne pas se rendre compte de son comportement toxique.

Quelle est la définition de l’intimidation ? L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) nous propose:

« Tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser ». Mais l’INSPQ ajoute  plus spécifiquement pour les ainés : « Il y a intimidation quand un geste ou une absence de geste ou d’action à caractère singulier ou répétitif et généralement délibéré se produisent de façon directe ou indirecte dans un rapport de force, de pouvoir ou de contrôle entre individus, et que cela est fait dans l’intention de nuire ou de faire du mal à une ou à plusieurs personnes ainées »

Mais qui sont les ainés plus susceptibles à se faire intimider ? Selon les chercheurs affiliés à l’INSPQ, certaines caractéristiques semblent être prédominantes chez les intimidés.

  • Être introvertie;
  • Faire partie d’une minorité visible;
  • Avoir des pertes physiques;
  • Présenter certains traits de personnalité passive (ex. : timide, difficulté à se défendre par elle-même, silencieuse, soumise, dépendante);
  • Présenter certains traits de personnalité proactive (ex. : être dérangeante) ;
  • Avoir des pertes cognitives.

Et qui sont les personnes à être plus susceptibles à jouer le rôle d’intimidateur ?

  • Avoir une faible estime d’elle-même;
  • Avoir des pertes cognitives;
  • Avoir des aptitudes cognitives suffisantes pour commettre des comportements intimidants.
  • Avoir un ou plusieurs traits de personnalité parmi les suivants :
    • Se positionner au-dessus des autres;
    • Être contrôlant;
    • Rechercher l’attention ;
    • Éprouver un besoin de se retrouver dans une position de force ou de pouvoir sur autrui, profitant du fait que la personne intimidée se sente menacée pour en retirer des bénéfices ;

 

Les conséquences psychologiques sont très dommageables et peuvent provoquer chez l’intimidé la colère, l’anxiété, la crainte, une diminution de l’estime de soi, la tristesse, des symptômes dépressifs et même des idées suicidaires. Au niveau physique, elle peut provoquer un trouble du sommeil, une perte de capacité fonctionnelle, une perte d’appétit et même divers maux physiques. Socialement, la personne peut s’isoler et même se venger. De quoi ne faire qu’escalader et amplifier le problème.

 

Vous êtes témoin ou pire victime d’intimidation ? Ne laissez pas couler. Cette situation ne fera que s’empirer advenant un manque d’intervention. Vaut mieux en parler à son entourage et communiquer soit avec la direction de la RPA, du CHSLD ou les autorités judiciaires afin que cesse cette plaie sociétale.