
Le Matou, le spectacle musical créé par Jessy Brouillard, n’a pas fini de charmer les spectateurs au cours des prochains mois. L’adaptation pour la scène de l’œuvre d’Yves Beauchemin a été l’une des belles surprises de l’été, on en a discuté avec le metteur en scène Joël Legendre, heureux d’avoir participé à ce projet. Le moins que l’on puisse dire est que Joël Legendre ne manque pas de travail à titre de metteur en scène. Il a signé cet été la mise en scène de la comédie musicale Waitress, mettant en vedette Marie-Ève Janvier, et avec Le Matou, il s’est attaqué à une nouvelle à une création, ce qui constituait à la fois un défi et une aventure excitante à ses yeux.

« C’était exactement ça, dit-il. C’est la première fois que je faisais une création, c’est très rare dans la vie d’un metteur en scène que l’on participe à une création vraiment du début jusqu’à la fin. J’ai reçu ce script-là de Jessy Brouillard il y a déjà six ans. Son script était magnifique, ses chansons aussi, et on a travaillé ensemble, à couper des choses, à s’interroger, à donner plus de place à des personnages, à en enlever à d’autres. Ensuite le projet a été présenté à des maisons de production pour en arriver à Entourage qui a décidé de produire cette comédie musicale. Puis, il a fallu trouver toute l’équipe technique, l’équipe de création, le casting, trouver les comédiennes et les comédiens. Il y avait beaucoup d’étapes à franchir et quand le rideau s’est levé pour la toute première fois avec plein de monde dans la salle à Sherbrooke, le 2 août dernier, c’était vraiment touchant de voir que ça prenait forme. C’est quand même long, six ans! »
Le Matou, c’est d’abord bien sûr le roman écrit par Yves Beauchemin paru en 1981 aux éditions Québec Amérique. Un immense succès, plus d’un million d’exemplaires vendus et traduits en de nombreuses langues. Puis, en 1985, le réalisateur Jean Beaudin nous offrait l’adaptation cinématographique mettant en vedette Serge Dupire, Monique Spaziani et Guillaume Lemay-Thivierge. Maintenant, place au Matou, le spectacle, qui sera présenté en octobre et novembre à Montréal, à la Salle Pierre-Mercure, puis à Québec jusqu’à la fin décembre à la Salle Louis-Fréchette. Une quinzaine de représentations sont aussi déjà prévues en 2025 en tournée.
Une recette gagnante
« C’est un spectacle qui est très divertissant, ajoute Joël, quatre-vingt-dix pour cent du show, ce sont des numéros de production qui se passent dans La Binerie, ou chez Loretta (incarnée par Marilou Morin), la mère de Monsieur Émile. Ou encore, c’est Monsieur Émile lui-même qui se met à chanter ce qu’il se passe dans le salon, dans la chambre à coucher de sa mère. C’est très festif, très drôle et on rit beaucoup. Les personnages de Beauchemin sont tous plus grands que nature, à part Florent et Elise qui est un couple vraiment neutre et tranquille. Florent a l’ambition d’être restaurateur. »
Les personnages sont pour le moins variés et colorés, ce qui ajoute au plaisir des spectateurs. Le cuisinier campé par Martin Larocque obtient notamment la faveur du public par son interprétation. Et puis il y a évidemment le personnage de Monsieur Émile, campé par deux garçons très talentueux.
« Quand on pense à Ratablavasky (Normand Carrière), c’est le méchant de service, et Monsieur Émile, c’est vraiment un petit garnement incroyable. Il y a aussi sa mère qui est une prostituée, et Picquot qui est le cuisinier, un français typique qui chiâle pour rien. Les personnages sont tellement beaux et ils ont tous chacun leur chanson et participent à tous les numéros de production. Dans la deuxième partie du spectacle, on a quelque chose d’un peu plus intime où le jeune couple va s’attacher à Monsieur Émile et va finir par le garder. Je suis content d’avoir travaillé sur ce spectacle, les chansons sont belles, ce sont de belles mélodies, et c’est Antoine Gratton qui a fait les orchestrations. C’était important pour moi que ce soit lui parce que je trouve qu’il a le Walt Disney très proche dans ses arrangements, et je voulais justement que ça sonne un peu Walt Disney. T’as les bons, t’as le méchant, un enfant et un animal, tout ce que ça prend pour faire une histoire. Yves Beauchemin était pas mal en avance sur son temps quand il a écrit ça », ajoute le metteur en scène.
Un couple vedette efficace
Joël Legendre ne tarit pas d’éloges à l’endroit des deux artistes qui forment son couple vedette, Louis-André Beauséjour et Matthieu Lévesque. « C’est ma cinquième production avec Mathieu Lévesque, c’est un artiste vraiment talentueux, un vrai artiste de music-hall. Quant à Audrey-Louise, elle à la faveur du public, elle possède une voix magnifique. J’ai rarement vu ça, mais c’est arrivé souvent que les gens se soient mis à applaudir sans arrêt pendant l’une de ses chansons, tant la prouesse vocale et la performance étaient à couper le souffle. »
Un mot, enfin, sur les deux enfants qui jouent le rôle de Monsieur Émile, soit Eliot Dupras (qu’on a vu entre autres dans le téléroman 5e rang) et Diego Flint Djebari. On se souvient que c’est Théo, le fils de Guillaume Lemay-Thivierge, qui devait jouer le rôle, alors qu’Émily Bégin faisait aussi partie du spectacle. Joël raconte que des mois avant la controverse que l’on sait avec Guillaume, des changements étaient envisagés.
« À la première lecture, il était très, très gêné et Émily l’a senti. Avec l’école et le voyagement à faire, elle m’a téléphoné et m’a dit qu’elle trouvait Théo trop jeune (il avait sept ans) pour jouer le rôle, qu’elle ne le sentait pas mûr. Si ça avait été pour le cinéma où l’on peut reprendre encore et encore une prise, il n’y aurait pas eu de problème, mais là, c’était deux heures de temps avec un show sur les épaules, à chanter, à danser et à jouer. On a donc pris des petits garçons de neuf et dix ans pour jouer le rôle et ils sont absolument formidables. Ils se sont beaucoup aidés pendant les répétitions, et ils se sont vraiment complétés tout au long de cette aventure-là. Ce qui fait que maintenant, les deux proposent un Monsieur Émile quand même similaire, mais avec beaucoup de différences aussi. Les deux sont extrêmement bons, c’est vraiment beau de les voir aller.»
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Éric Lapointe : 30 ans de carrière, des spectacles en quantité et des projets plein la tête.








