
Nous sommes toujours en clin de penser que « s’était tellement mieux dans notre temps ». Nous avons vécu cette époque pas si lointaine où notre moyen de communication était attaché à un fil et accroché au mur. Notre moyen de conversation intime consistait à étirer le fil du récepteur de 10’ (restons dans notre temps avec des pieds au lieu des mètres) derrière une porte close. Intimité précaire, autant soit peu. L’autre façon, tout aussi simple, étant d’interagir directement avec une autre personne, en présentiel (néologisme qui n’existait pas à notre adolescence).
Attendre une personne, un rendez-vous, un autobus, le métro et autre nous permettait de prendre le temps d’observer la vie autour de nous, de prendre la mesure de notre environnement et de communiquer avec des parfaits inconnus. Oh mon Dieu, des interventions « live » pour reprendre des expressions à la mode.
Nous avons laissé la technologie prendre une place beaucoup plus importante que nécessaire. Nos touts, sauf téléphones, sont devenus une extension de notre bras et nous nous référons à lui pour absolument tout : le chemin à suivre pour passer du point A au point B, des vidéos insipides, de l’interaction virtuelle avec des amis maintenant virtuels, des textos ou courriels urgents qui peuvent attendre au lendemain, le FOMO (acronyme de « Fear Of Missing Out ») et des jeux accrocheurs qui attaquent notre cerveau et favorise le comportement addictif.
Nous avons tous été témoins et même participé à des groupes de personnes, pourtant une en face de l’autre lors d’une réunion, un repas ou au salon, mais tous agglutinés à leurs téléphones et même de jeunes enfants. Et que dire quand nous regardons la vie devant nous au travers de notre écran de cellulaire? Il est clair que la technologie a certainement contribué à rendre notre vie plus simple, mais elle est devenue une voleuse de ce qui est le plus cher pour un être humain; le temps. Nous passons maintenant plus de temps sur nos cellulaires et tablettes qu’à discuter avec les autres.
Et si on prenait du recul, sans pour autant revenir en arrière complètement, et déposons nos téléphones, tablettes et autres gismos électroniques afin d’apprécier notre environnement de nos propres yeux sans le regarder au travers d’un écran. Pourquoi ne pas prendre le temps de voir, écouter et interagir avec les personnes autour de nous dans une rencontre, réunion, autour d’une table ou même notre salon ?
Et finalement, sonner chez les voisins pour voir si notre ami.e pouvait venir avec nous ou appeler d’un téléphone accroché au mur pour prendre des nouvelles d’un être cher, d’un.e ami.e n’était pas si terrible. La technologie voleuse de temps n’avait pas encore fait son œuvre.

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