
Pour avoir eu l’occasion de le voir il y a quelques semaines, le film Habiter la maison va certainement rejoindre un très large public par les thèmes qu’il aborde. Mettant en vedette notamment François Papineau, Antoine Desrosiers, Rose-Marie Perreault et France Castel, ce film choral qui nous offre des personnages qui pourraient être de notre famille, ou nos voisins, a été réalisé par Renée Beaulieu.
« Le film a été présenté dans quelques festivals l’automne dernier, entre autres au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. Il y avait sept cents personnes dans la salle, et les gens étaient émus et touchés, on a eu un standing ovation à la fin. C’est le genre d’expérience qu’on n’oublie pas, c’était très touchant, c’était vraiment une belle première. La réception a été la même lors de Cinémania. Moi, je trouve que c’est le film le plus abouti que j’ai fait, et définitivement le plus accessible », confie celle qui avait proposé en 2022 le film Inès, avec Rosalie Bonenfant et Roy Dupuis.
François Papineau incarne un homme qui veille sur sa famille et qui a tout prévu pour les années à venir, mais comme on le sait, les choses ne se passent pas toujours comme on l’avait espéré. Le tournage de cette production a eu lieu dans les Laurentides, et la maison en tant que telle est en quelque sorte au cœur de l’intrigue.
« Je suis très fier de ce film. Habituellement, ce type de projet là se prépare durant des années, mais Renée Beaulieu, qui est aussi la scénariste, et Serge Desrosiers, le producteur, ont parti la machine super rapidement, confie l’acteur. Simon, le personnage que je joue, est quelqu’un avec une structure mentale et des projets d’avenir qui sont super arrêtés pour sa famille et ses enfants. Il veut le bien de tout le monde, mais évidemment, quand les gens évoluent, les enfants grandissent et sa blonde change aussi. Il y a des trucs qui se transforment et qui ne se passent pas comme prévu, et ça devient à chaque étape un énorme choc pour lui. Il ne prévoyait pas que le monde serait autre chose que ce qu’il avait prévu. »
François avait beaucoup aimé le scénario et il raconte s’être présenté à l’audition avec enthousiasme. « Avant de faire les scènes, j’ai dit : « D’abord, je veux t’expliquer pourquoi ça devrait être moi. » J’ai étalé toutes les similitudes entre ma vie et celle du personnage, et l’expérience que j’ai de mon père quand les enfants sont partis de la maison. Tout mon background en construction et familial, j’ai comme fait un genre d’exposé oral comme si je déposais ma candidature, et après, on a fait les scènes et ça super bien cliqué. »
France Castel défend le rôle de la mère de Simon, une ancienne chanteuse qui rêve de remonter sur scène et de partir en tournée. « France Castel, c’est comme un trésor! J’avais travaillé avec elle sur Le Volcan tranquille en 1997 et 1998. Ça fait très longtemps, elle jouait une sorte de femme de ménage, un genre de seconde mère et de confidente. Déjà, à l’époque, c’était le fun et j’étais content de la retrouver. C’est une femme tellement ouverte et jouer avec elle, c’est un bonheur. Sur un plateau, ça paraît quand elle est là, tout le monde le ressent. »
France brille et est très touchante, comme toujours, et mention particulière à Rose-Marie Perreault, l’une des filles de Simon, qui est vraiment bouleversante. J’ai demandé à François si ce personnage-là qu’il a joué avait brassé beaucoup d’émotions chez lui, à la fois chez l’homme et le père de famille.

« Oui, et moi, je suis très sensible à la fiction, j’aime beaucoup baigner dans les personnages que j’ai à jouer. C’est comme si j’avais une certaine facilité à entrer dans un monde parallèle. Là, sur un plateau de tournage avec une équipe et tout ça, entre action et coupez, ce moment-là est très précieux. C’est comme si je me donnais la permission d’aller voir ce que ce bonhomme-là ressentait. J’ai trouvé ça extrêmement intense et ça m’a permis de vivre, des années plus tard, ce que mon père a ressenti lorsque nous, les enfants, on est partis de la maison. Je me souviens du désarroi de mon père à ce moment-là. C’est mon impression de jeune homme à l’époque, je revois mon père comme s’il avait l’impression d’avoir raté quelque chose. C’est bien bizarre. Ça m’a permis de me replonger là-dedans et d’avoir, des années plus tard, beaucoup d’empathie pour ce parcours-là de mon père. »
La réalisatrice et scénariste confie pour sa part avoir écrit ce film au printemps 2023. « Je l’ai écrit en quelques semaines, il est sorti d’un coup, dit-elle. C’était la première fois que je travaillais avec François, il était tellement la bonne personne pour jouer le patriarche. C’est un acteur de très très grand talent, c’est un homme formidable, généreux, juste et disponible. On avait vraiment une super belle équipe. »
Quand vous verrez le film, vous allez aussi découvrir une jeune comédienne qui a pour nom Émie Thériault. « Elle vient de sortir de l’école, c’était son premier rôle à l’écran, elle est vraiment très talentueuse et elle a une belle présence. On va certainement la revoir », ajoute Renée Beaulieu, qui signe avec ce film son cinquième long-métrage.
Le film Habiter la maison prend l’affiche le 21 mars
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