Jean-François Breau a accepté d’être l’un des porte-paroles de la campagne de sensibilisation Briser le silence, c’est fort, en compagnie de l’animateur Richard Turcotte et du chanteur Martin Léon. Pour le membre de Salebarbes, il est important que les hommes n’aient pas peur de parler lorsque ça ne va pas, qu’ils demandent de l’aide.

La culture du silence existe encore beaucoup pour les hommes, 80% des hommes aujourd’hui sont encore dans la mentalité : « Je vais le régler moi-même, je vais garder mes problèmes pour moi ». Les problèmes, c’est la vie, c’est le stress de la vie, la pression du travail, la pression pour que la famille aille bien, les paiements qui arrivent vite. Tout va vite et un moment donné, t’es pogné dans un roulement de vie où tu n’as pas d’issue. C’est peut-être pas avec tes chums que tu vas régler ça, les chums sont peut-être pas faits pour ça, c’est pour relaxer », confie Jean-François pour qui l’importance de verbaliser ses émotions lui a été inculquée assez jeune.

« J’ai été élevé avec un père que tu connais et qui a toujours privilégié de se parler. Mon père m’a toujours dit que s’il y avait quelque chose qui n’allait pas, dis-le-moi. Je faisais de la livraison avec lui pour son resto, on allait faire des tours de char et on jasait de tout. Après ça, dans la vie, il a été longtemps mon gérant et les rides de char, partir en tournée en Gaspésie, faire Montréal-Nouveau-Brunswick douze fois par année, on se parlait longtemps de tous les sujets, les sujets délicats, de jeunesse, de tout. J’ai été élevé comme ça. Nos parents sont très présents, je leur téléphone chaque semaine, parfois pour leur demander : « Vous autres, comment vous avez fait ça quand les enfants étaient petits?  Ou encore, quand on vous donnait de la misère, comment ça marchait? » Ils sont là encore pour me conseiller, et surtout pour m’écouter », raconte-t-il.

L’importance de parler et de se confier

Des hommes qui ne parlent pas, qui vivent des drames et qui pensent qu’ils vont tous en arriver à régler tout ça seuls, il y en a encore malheureusement trop. Quand on entend qu’il y a eu un drame familial quelque part, on se dit que si seulement la personne qui a posé des gestes tragiques avait pris le temps d’aller vers des ressources pour se faire aider, les choses auraient pu être bien différentes. « Les premières victimes autour de ces gars-là, ce sont les enfants, les conjointes, les parents, les collègues. C’est souvent le monde le plus proche. C’est pour ça que je dis que ça n’arrange pas tout, mais parler et se comparer aussi, et sentir que t’es pas tout seul, ça peut changer bien des affaires. Si tu penses que tu as le poids du monde sur tes épaules, que t’as l’impression que t’es tout seul, quand tu parles deux minutes avec un pur étranger dont tu ignores ce qu’il vit, tu réalises que tu as plus de points en commun avec ce gars-là que tu pensais. »

Pleinement investi à faire passer le message que ce n’est pas une faiblesse que de parler et de confier, Jean-François ajoute : « Ça fait trente ans que l’organisme Hommes Québec, créé par Guy Corneau, existe, et je sais que c’est un bon outil. Il y a des groupes de discussions ou t’as pas le droit de juger l’autre. C’est douze gars maximum, soit en virtuel ou en présentiel. C’est un endroit où il n’y a personne qui te donne des conseils professionnels, pas de psychologues, ce sont juste douze gars qui vivent des affaires dans leur vie et qui ont besoin de jaser. Tu vas avoir beaucoup d’écoute et tu ne vas pas avoir de conseils de gauche à droite, du genre « Moi je ferais ça à ta place… »  Il n’y a pas de ça. Toutes les rencontres commencent avec une minute de silence et j’ai trouvé ça bon. C’est une bonne chose que tout le monde ouvre ses oreilles et qu’on se mette tous sur la même longueur d’onde, sur la même page. Je trouve que ça nettoie tout. J’étais bien content de savoir que dès le début de la campagne cette année, avec les entrevues de Richard Turcotte, de Martin Léon, et celles que j’ai faites,  il y a des gars qui se sont inscrits à des groupes. T’as un besoin et c’est important, ça fait que t’es un meilleur mari, un meilleur papa, un meilleur collègue, un meilleur citoyen. Parler, ça n’arrange pas tout, mais ça arrange bien des affaires », ajoute-t-il.

 

Mis à part cette cause qui lui tient à cœur, Jean-François va travailler avec ses amis de Salebarbes pour nous présenter un nouvel album. « On a eu deux sessions d’écriture, y a déjà du matériel pour le prochain disque. On va faire des sessions de travail quatre, cinq fois pendant l’hiver, on va s’encabaner pour écrire des chansons, et au printemps, on devrait avoir toutes les tounes qu’il faut, et le nouveau disque devrait voir le jour à l’automne. »

Pour plus d’informations consulter le hommesquebec.ca

 


 

 

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