
Saviez-vous que les maladies du cœur et l’AVC constituent la principale cause de décès prématuré chez les femmes au Canada? Ce texte ne se veut surtout pas alarmiste, mais il a avant tout pour but de livrer des informations sur les dangers cardiovasculaires, les facteurs de risque qui peuvent notamment guetter les femmes ménopausées.
Cardiologue à l’Hôtel-Dieu de Lévis et porte-parole de Cœur + AVC, la Dre Marie-Kristelle Ross a bien voulu donner plus de détails sur le sujet qui amène beaucoup de questions.
« C’est assez troublant, effectivement. C’est comme ça depuis toujours, mais dans les anciennes études, les femmes étaient sous-représentées. Ce sont une majorité d’hommes qui figurent dans nos études, et au fil du temps, on s’est rendu compte que les hommes et les femmes, sur le plan cardiovasculaire, sont différents. De plus en plus d’études mettent l’accent sur les femmes et mettent donc en lumière des problèmes qui étaient sous-estimés depuis super longtemps. On sait maintenant que chez les femmes, il y a des périodes de vie au cours desquelles le risque de développer des problèmes cardiovasculaires est accru. C’est souvent pendant des périodes de changements hormonaux importants, c’est-à-dire les grossesses et les changements liés à la ménopause. Pendant la grossesse, les femmes sont à risque de développer des problèmes cardiovasculaires. Que ce soit de l’hypertension ou du diabète, ou carrément des problèmes au niveau de la fragilité des vaisseaux sanguins. Ceci étant dit, le risque absolu est relativement faible, mais il est définitivement présent. Plus tard, on va voir une autre période de changements hormonaux en lien avec la périménopause et la ménopause. À ce moment l’incidence de facteurs de risque est en augmentation et va même jusqu’à rattraper celle des hommes », dit-elle.
La cardiologue met l’emphase sur la nécessité que les gens soient informés sur le sujet, parce qu’on constate que les femmes consultent moins, souvent parce qu’elles ont dans leur imaginaire, que les maladies cardiaques touchent surtout les hommes. « Elles minimisent souvent leurs symptômes, et alors que les hommes vont aller consulter, chez la femme, c’est plus banalisé. Comme les femmes consultent souvent plus tard, cela vient malheureusement avec un moins bon pronostic puisqu’elles ne sont pas prises en charge à temps. C’est ce qu’on essaie de changer en sensibilisant les gens au fait que les femmes, particulièrement après la ménopause, deviennent plus susceptibles de développer des problèmes cardiovasculaires. »
Déjà que la ménopause est loin d’être une partie de plaisir, j’entends déjà quantité de femmes s’exclamer : « Bon, comme si on avait besoin de ça en plus! » Il n’y a pas de blague à faire avec ça, surtout quand on sait que seulement 11 % des femmes au pays sont en mesure de nommer un ou plusieurs facteurs de risque de maladies du cœur et d’AVC propres aux femmes.

« Pour moi, l’important est d’agir tôt en conscientisant les femmes. La prévention est primordiale. Il faut impliquer les femmes dans leur propre santé et leur donner les outils pour prévenir l’apparition de problèmes. Il ne faut pas attendre d’avoir un événement pour réagir. Je pense que la beauté de la médecine actuelle est qu’on est capable, si on agit, si on dépiste et si on intervient de façon précoce, de prévenir ou du moins de repousser beaucoup de problèmes. Souvent, les gens éprouvent un peu un sentiment d’impuissance face à tout ça, mais l’autre façon de voir les choses est de se dire que ça vaut la peine de se prendre en main et de dépister les facteurs de risque, d’agir avant que ça ne devienne de gros problèmes », ajoute-t-elle.
Bref, en résumé, les femmes ne sont pas assez informées des dangers qui peuvent les guetter, d’où l’importance de prendre le temps de s’informer et de consulter. « Souvent, les femmes tombent de haut lorsqu’elles apprennent qu’elles ont un problème cardiovasculaire, la croyance que ce n’affecte que les hommes est tenace. Si j’avais la chance de m’adresser à des femmes qui sont asymptomatiques, mon message serait vraiment d’essayer de dépister les facteurs de risque parce que c’est le temps d’agir. »
Cela dit, il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites, si par exemple vous n’avez pas de médecin de famille, notamment vous informer auprès de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC. Cœur + AVC a justement lancé tout récemment un outil de dépistage en ligne pour aider les gens à comprendre les risques pour leur santé cardiaque et cérébrale, et les inciter à agir. L’outil gratuit Vérif-Risques de Cœur + AVC prend en considération les facteurs individuels, comme les habitudes de vie, les antécédents médicaux, le sexe et l’âge, ainsi que les étapes de la vie des femmes (comme la grossesse et la ménopause), puis génère un plan d’action personnalisé.
« Ils ont développé de bons outils en ligne qui permettent aux femmes de prendre conscience de plusieurs facteurs de risque. Il y en a quelques-uns qui nécessitent une prise de sang, entre autres pour le taux de cholestérol et le dépistage du diabète, mais il y a beaucoup d’autres choses qui peuvent être faites juste avec un questionnaire », ajoute la Dr Ross.
Pour informations, consultez le site coeuretavc.ca
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