Promesse faite, promesse tenue : la comédienne Anne-Marie Cadieux agira à titre de porte-parole du prochain Salon des aînés qui aura lieu le 12 septembre à Saint-Jérôme. C’est Béatrice Picard elle-même, avant son décès survenu le 9 décembre 2025, qui lui en avait fait la demande.

« Béatrice Picard prenait chaque année une porte-parole différente pour le Salon des aînés, comme Geneviève Schmidt, Chantal Fontaine ; elle avait fait la demande à plusieurs personnes au fil des ans. On a fait un film ensemble elle et moi, un court-métrage qui s’appelle Suzanne et Chantal en 2022), et on a vraiment cliqué. Quand elle m’a demandé d’être porte-parole, je lui ai dit oui, et quand elle est décédée, on m’a confirmé qu’on voulait que je m’implique pour le Salon de cette année. Alors c’est un petit peu en hommage à Béatrice que j’ai décidé d’accepter, et je pense que les gens du salon avaient envie que je le fasse », confie Anne-Marie.

D’une part, Anne-Marie explique ce que ça représente pour elle d’être porte-parole de cet événement très couru. « Je trouve ça bien parce que d’une part, ce salon est très populaire, et les gens qui travaillent à faire un succès de cet événement sont très passionnés, et puis il y a beaucoup de bénévoles. Tout ça me parle beaucoup. Et puis, bien sûr, on sait que la population est vieillissante, et je me suis sentie interpellée parce que je me suis occupée de mes deux parents, qui sont décédés, et j’ai une tante dont je m’occupe en ce moment qui a 90 ans. Et moi aussi je vieillis, jusqu’à un certain point. Donc, le rapport aux personnes plus aînées que moi, c’est quelque chose que je connais. Martine Francke et moi, on va avoir une rencontre devant public – le 12 septembre à 10h –,discuter ensemble, parce qu’elle a été un peu aide-soignante pour un de ses parents. Moi je vais parler de mon expérience, parce que ma mère a reçu l’aide médicale à mourir, alors c’est un sujet que je connais » ajoute Anne-Marie.

Au cours de notre conversation, la comédienne a lancé une idée fort intéressante qui mériterait d’être explorée.

« C’est une chose à laquelle je pense souvent, je trouve qu’on devrait faire des résidences avec des enfants, des garderies, et des aînés. Je crois qu’on devrait faire plus de mixité. Il y a des endroits où on le fait, en Europe je crois, et je ne sais pas s’il y en a au Québec, mais je pense que ce serait fantastique. Je me dis que les aînés aimeraient ça, et si je me fie à ma mère qui adorait les bébés : quand elle voyait des enfants, ça l’égayait tout le temps. Et puis, les enfants adorent aussi les aînés, les grands-parents. Je trouve que ça pourrait créer de l’attention, plus de mixité d’âge. Ce serait intéressant, même dans les résidences. Je pense que ce sont des réflexions que je veux faire, par exemple : comment vieillir pour demeurer très en forme, continuer à être curieux. Béatrice incarnait ça aussi, la vie active jusqu’à très tard, un peu comme Janette Bertrand, Monique Miller et beaucoup de femmes qui continuent de travailler. »

À 62 ans, Anne-Marie porte un regard lucide sur le fait de voir les années s’accumuler au compteur. « Écoute, c’est inéluctable, on a toujours un combat à savoir que tu vieillis, et personne ne veut vieillir, on voudrait tous garder la jeunesse éternelle. Puis, comme je dis toujours, c’est la seule justice, tout le monde y passe ; que tu sois riche ou pauvre, et même si on veut repousser ça en recherchant la fontaine de Jouvence. Bref, le fait de vieillir, ça me dit qu’il faut garder sa curiosité intellectuelle, faire du sport, voyager. Je pense aussi qu’en vieillissant, tu profites beaucoup plus de la vie. Tu veux faire les choses qui te plaisent, tu veux mordre dans la vie, tu as plus conscience que tu n’as plus de temps à perdre. Il ne faut pas non plus devenir fou, mais quand t’es plus jeune, t’es beaucoup dans la conquête de toi-même, de ci, de ça, tu veux t’imposer. Là, tu n’es plus là-dedans, ce n’est plus la même chose, ce qui fait que t’as plus le temps de profiter. Pour moi, vieillir, ça veut dire continuer à travailler et être avec des jeunes aussi, ce que m’apporte mon métier. Je suis en contact avec des gens de tous les âges, et je trouve ça important. Je vois beaucoup mon filleul de six ans et son petit frère de quatre ans, je passe beaucoup de temps avec eux toutes les semaines, comme je le fais aussi avec ma tante. À l’âge que j’ai, je fréquente tout le monde. »

Anne-Marie a beaucoup de travail devant elle, on la verra notamment animer une émission à TV5, ainsi que dans une nouvelle série sur un réseau conventionnel. « J’ai joué aussi dans le film Imelda contre-attaque qui va sortir à l’automne ; j’ai joué avec Martin Villeneuve, Robert Lepage et Michel Barrette, entre autres. » Et bien sûr, Anne-Marie sera au Salon des aînés le samedi 12 septembre prochain.

 

 

 


 

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