
Les Têtes à claques est l’un des premiers phénomène web devenu viral au Québec. « J’ai lancé ça le 16 août 2006, donc on va avoir 20 ans cet été », lance Michel Beaudet, le créateur et concepteur des Têtes à claques. Il raconte comment est né ce succès colossal.
« Je travaillais dans le monde de la publicité auparavant, j’étais à la création dans des agences de publicité. Je gagnais quand même très bien ma vie en publicité, mais tu sais, j’étais tanné de faire ça, j’ai eu le goût d’avoir une idée pour moi, après quinze ans à avoir des idées pour les autres. Je voulais faire des petites capsules humoristiques, j’ai commencé à faire des petits vidéos, j’essayais de faire des trucs éducatifs, mais je trouvais que c’était compliqué de faire des animations image par image, alors j’ai décidé de filmer mon visage pour accélérer les choses. J’ai fait des tests en déconnant, en disant n’importe quoi, et j’ai montré ça à mes chums qui riaient beaucoup. Ben coudonc, j’avais comme un concept, le look visuel de toute cette affaire-là était assez nouveau. »
Les capsules de Michel Beaudet ont fait boule de neige après les avoir mises sur le site web qu’il avait créé. « J’ai mis une vingtaine de clips, peut-être même moins que ça, et j’ai envoyé le lien à une cinquantaine de personnes qui étaient essentiellement des collègues en publicité. Ça s’est mis à spinner super vite, tout le monde partageait le lien à leurs amis, leurs familles, leurs contacts, et c’est devenu un phénomène viral », dit-il.
Puisqu’il avait beaucoup d’expérience, il savait la valeur du truc qu’il avait entre les mains, ajoute-t-il. Il a pu s’amuser à faire des jokes, à essayer de gérer tout ça, et il n’a jamais cessé, en fait. « Les Têtes à claques, c’était un aventure très, très cool, et le côté business faisait aussi partie de l’affaire, ce qui était cool aussi. »
Son idée a finalement fait en sorte qu’une cinquantaine de personnes y ont travaillé, à la toute fin, et un petit studio a été développé pour la production des capsules. « Si j’avais eu 22 ans à l’époque, je n’aurais pas su comment ça marchait et probablement que j’aurais cédé le tout à Juste pour Rire, à Radio-Canada, ou à une autre entreprise. Ils m’ont tous appelé, toutes les maisons de production m’ont contacté au cours de la première année. Mais finalement, j’ai gardé le contrôle, ce n’était pas Le Seigneur des Anneaux que j’avais créé, c’était facile et je contrôlais bien mes affaires. J’engageais du monde, des vrais animateurs, et la qualité des bonhommes s’est toujours améliorée au fil des années. »
Quand on connait un tel succès, évidemment que les demandes de toutes sortes affluent, et Michel Beaudet confie qu’il se fait toujours appeler pour de la publicité, « parce qu’on est un produit très québécois. On essaie de se distinguer en faisant des trucs avec du monde de chez nous. » Quand Maxi l’a contacté pour lui parler du Maxi Waller, il a trouvé l’idée cool, de voir Martin Matte en Têtes à claque. « Martin est venu chez nous, on a enregistré ça, c’était parfait et on a fait la pub. On va sûrement faire d’autres projets similaires dans l’année qui vient. »
Les fils de Michel Beaudet ont découvert les Têtes à claques sur le tard, parce qu’ils étaient petits quand l’aventure a démarré. « Ils sont devenus des fans finis, j’étais Dieu le père pour eux ! »
Parmi ses projets, Michel en a qui lui tient très à cœur et qui pourrait devenir un immense succès. « On travaille sur un film de Noël, j’ai commencé à développer une idée avec les personnages des Têtes à claques, et chaque fois que j’en parle, tout le monde est excité. Je vais peut-être finir par l’écrire au complet à un moment donné, et on va peut-être le produire. »
Certaines répliques de ses personnages sont devenues cultes – pensons à « C’est l’Halloween, on veut des bonbons ! » – un peu comme « la dureté du mental » dans Les Boys. « Ces trucs-là, tu ne peux pas les prédire, c’est vraiment des adons. J’avais un peu le sens de la répartie, et des trucs s’incrustent dans ta tête. Ma force, c’est surtout ça : j’ai de la facilité à bâtir des histoires. J’ai travaillé avec des auteurs, mais quand venait le temps d’écrire l’histoire, c’était toujours moi qui m’en occupais. » Dans le sketch de l’Halloween, les enfants demandaient des Pop-Tarts, et les ventes de ces friandises ont augmenté en flèche, c’est-à-dire un bond de 50%, quand la capsule a été vue à répétition.
Les Têtes à claques constituent un bel exemple pour tout le monde qu’il suffit parfois d’une seule idée pour en arriver à des résultats impressionnants. « C’est une grande satisfaction et je pense que c’est encore possible aujourd’hui, il faut y croire », ajoute le père de ces personnages qu’on aime tant.
Consultez le site tetesaclaques.tv

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