
Après avoir joué dans le spectacle Titanique en anglais l’année dernière, à Montréal et à Toronto, l’impressionnante chanteuse Véronique Claveau reprendra son rôle et interprétera des chansons de Céline Dion dans la version française de ce qu’on qualifie de « délire musical ».
C’est Juste pour rire qui présente Titanique. Ce spectacle unique acclamé par la critique prendra l’affiche à compter du 6 juin à l’Espace St-Denis, puis sera présenté début septembre au Théâtre du Casino à Gatineau.On retrouvera treize personnes sur scène, dont bien sûr Véronique dans son rôle de Céline Dion, mais également Audrey-Louise Beauséjour qui incarnera Rose, et Jean-François Guèvremont (Rita Baga). « Au départ, Juste pour rire voulait le faire en français, raconte Véronique. On m’a contactée en décembre 2022. Le show était off-Broadway à ce moment-là depuis six mois et c’était vraiment la frénésie. On n’en entendait pas parler ici, mais là-bas, c’était vraiment un succès grandissant. J’ai vu le spectacle et je me suis tout de suite dit que je voulais le faire. L’automne suivant, en 2023, j’ai reçu un appel du Seagal Center (à Montréal) qui m’a proposé le show en anglais. J’ai décidé d’accepter et de plonger. »
Jouer en anglais : une belle aventure qui va sans doute la mener loin!
C’était la première fois que la chanteuse allait jouer en anglais sur scène, et elle s’est bien sur soigneusement préparée. « Au cours de l’été 2024, j’ai appris le show parce que je ne suis pas bilingue, Je baragouine. Le défi était de comprendre à 100% ce que je disais, de bien le faire, de bien le rendre, et j’ai pris un coach pour arriver prête aux répétitions. On a eu plus ou moins quatre semaines entre la première journée de : « Enchanté, voici le show », à : « On monte sur scène pour le soir de la première ». J’avais pas mal tout appris, c’était la première fois que je faisais un show original. On l’a fait au Seagal durant quatre semaines, à raison de huit shows/semaine. Après ça, ç’a été Toronto : sept semaines (huit spectacles par semaine). Donc, entre octobre 2024 et février 2025, on l’a joué 104 fois, et là, je suis bien excitée de faire partie de la version française de Titanique. »
Pour tous ceux qui savent peu de choses au sujet de Titanique, la chanteuse nous raconte en détails à quoi l’on doit s’attendre.
« C’est une parodie musicale, donc c’est un spectacle d’humour. Il y a des références aux comédies musicales, à la culture pop, et il y a des codes queer. C’est Céline qui raconte sa propre version de l’histoire de Jack et Rose, avec ses chansons, le soir où le Titanic est entré en collision avec l’iceberg. Pour moi, c’est parfait parce qu’il y a la personnification de Céline que j’ai faite dans beaucoup de revues de fin d’année – c’est mon idole de jeunesse –, et puis c’est de la comédie musicale mélangée avec de l’humour. Il y a quelque chose de très délinquant dans tout ça qui m’a beaucoup attirée. C’est comme si tout ce que j’avais fait à travers toutes ces années, tous les projets auxquels j’ai touché, m’avait donné les outils nécessaires pour pouvoir m’amuser dans ce spectacle-là. La vérité est que lorsqu’on m’a proposé ça, même si j’aime Céline d’amour et que je l’ai imitée de tout bord tout côté, je suis un peu tannée de la faire, c’est rendu un peu redondant. Mais dans ce contexte complètement déjanté, ça me parlait. Il reste qu’il y a un grand respect pour Céline là-dedans, c’est en fait une lettre d’amour pour elle. Ce sont trois amis qui ont écrit une comédie musicale complètement pétée, tout en ayant énormément d’admiration pour Céline. »
Un spectacle fait avec beaucoup de respect envers Céline
Tout le monde chante dans ce spectacle qui compte une vingtaine de chansons. « Les chansons de Céline deviennent les dialogues chantés quand ça se met à chanter, précise Véronique. Pour la plupart, ce sont des hits des années 1990 parce que le film Titanic est sorti en 1997. On revisite le film au grand complet avec les personnages, le capitaine du bateau, la méchante mère, avec le méchant, celui qui a beaucoup d’argent et qui n’est pas fin. Et aussi avec le moment où il y a la danse irlandaise, il y a toutes ces références-là racontées par Céline qui est la narratrice du spectacle. Elle dit : « Moi j’étais là le soir où le Titanic a coulé, je vais vous raconter ce qui s’est réellement passé. »
C’est plutôt alléchant comme proposition! Parlons plus en détail de Véronique et, entre autres, de sa passion pour Céline.« J’avais peut-être dix ans quand j’ai commencé à triper sur Céline, j’allais la voir au Capitole, à l’Agora du Vieux-Port, parce que je suis originaire de Québec. J’ai suivi son ascension américaine et j’ai vraiment accroché. Je faisais des concours de lip synch, je portais des gilets de Céline à l’école, elle était vraiment mon idole. J’avais des amies qui étaient gênées, mais moi, je l’assumais. Je l’aime, Céline, qu’est-ce que tu veux que je te dise! À la même époque, il avait aussi les New Kids on the Block qui étaient populaires, mais moi c’était Céline, j’étais reconnue pour triper sur elle quand j’étais au secondaire. Je l’ai beaucoup vue en spectacle, peut-être une dizaine de fois en tout. À l’époque, c’était facile d’avoir des billets, ce n’était pas sur internet, tu n’avais qu’à te pointer au guichet tôt le matin et t’avais de bons billets. Je l’ai rencontrée aussi quand j’étais jeune, j’avais onze ans. »
Véronique a fait beaucoup de choses depuis ses débuts, et Joël Legendre a joué un rôle déterminant dans sa carrière. « En partie, j’ai forgé ma voix avec celle de Céline, mais j’ai quand même ma propre voix, c’est super important pour moi. C’est mon idole, mais le but n’est pas de chanter comme Céline dans la vie. Reste que l’influence est tellement forte que ça sort naturellement. Je te dirais que 2007 a été une année marquante, quand Joël m’a proposé de faire partie de la revue de fin d’année au Rideau Vert. Il est venu me chercher entre autres parce que j’étais capable d’imiter Céline. Je lui ai dit : « Je peux pousser quelques notes, mais de là à l’imiter sur scène, je ne lui ressemble pas du tout ». Comme Martin Fontaine en Elvis, tu les mets côte à côte sans déguisement, et ce sont deux personnes qui n’ont pas rapport. Physiquement, je ne ressemble pas à Céline, ce n’est pas le même corps du tout », raconte Véronique. En fait, Véronique avait beaucoup de doutes. « Je lui ai dit : – Je ne suis pas certaine d’être la bonne personne. Mais Joël a cru en moi. – Je te le dis, c’est pour toi ce show-là.»
Elle s’est laissée convaincre, et comme on dit, the rest is history!
« C’est là que j’ai imité Céline devant un public, j’étais reconnue pour l’imiter au Rideau Vert. C’est drôle parce que ce n’était pas ma vocation, je ne me disais pas que je voulais imiter Céline dans la vie. Ce n’était pas ce genre de carrière que je voulais faire », dit-elle. Comme quoi le destin nous joue parfois des tours pour le meilleur!
De beaux souvenirs de Star Académie
Il y a eu 22 ans le 15 février que Véronique Claveau s’est fait connaître du public québécois en participant à Star Académie. Elle jette un œil sur son parcours et elle n’en conserve que de beaux souvenirs.
« Ç’a été quelque chose de tellement marquant pour moi, Star Académie, je m’en souviens comme si c’était hier. Il s’en est passé des choses depuis! Quand j’ai fait cette émission, je n’avais pas de plan de carrière, je ne savais pas comment ça allait virer. Est-ce que j’allais rester une semaine ou huit? Et en sortant, je ne voulais pas que ce soit un feu de paille. Je regarde tout ça, c’est fou tous les projets qui ont abouti sur ma route au fil des années. Je me rends compte qu’il y a bien sûr une part de chance, des rencontres, mais aussi beaucoup de travail derrière tout ça. »
Quand Véronique a participé à Star Académie, son objectif n’était pas, comme tant d’autres, d’enregistrer un album avec des chansons originales. « Je n’en ai pas fait encore, et ce n’est pas ce qui m’intéresse. Moi, c’est plus l’interprétation dans différents projets, comme des comédies musicales. Je veux diversifier mes affaires, ç’a toujours été ma ligne de pensée. Je prends souvent l’exemple de carrières comme Michèle Deslauriers, France Castel, Dominique Michel, Denise Filiatrault, ce sont des femmes qui faisaient de la variété, des artistes multitalentueux qui ont perduré dans le temps. Je pense que lorsque tu touches un peu à tout, t’es appelée à rencontrer plein de gens de plusieurs domaines, et c’est ce que j’aime. Autant dans le chant, le jeu, la comédie musicale, le théâtre, le doublage, en télé, en humour. Je n’ai pas l’impression, en fait, que j’appartiens à une catégorie. »
Quand on parle d’une artiste qui ose toucher un peu à tout comme Véronique, on en a eu une belle preuve l’été dernier alors qu’elle a animé pour la première fois un gala Juste pour rire.
« J’étais fière, j’étais contente, j’ai donné le maximum de moi-même. J’ai eu du plaisir et j’ai tout aimé de ça. Je me suis entourée de beaucoup d’amis, de personnes que j’admire, et je me sentais en sécurité dans ce show-là. C’était gros et j’ai été capable de le livrer parce que je m’étais bien préparée. » Quand on parle d’artistes multitalentueux, on en a un bel exemple avec Véronique. « J’ai toujours eu cette espèce d’envie là de défi, d’avoir un peu la trouille, et d’être parfois un peu inconfortable. De me dire : « OK, ça m’arrive, c’est un défi, alors je le relève. » Cela dit, je n’accepte pas tout, mais tu vois, j’ai touché à la radio et je n’ai pas étudié dans ce domaine, contrairement à mon chum (Bryan Audet) qui a étudié en ATM à Jonquière. Je flirte un peu avec la radio, mais je ne vise pas d’avoir un jour mon émission. En réalité, je vise le plaisir et les défis. Quand le Bye Bye est arrivé dans ma vie, ce n’était pas du tout un objectif de faire ça. Quand on m’a téléphoné, j’ai été surprise et j’étais bien sûr contente. Le travail que j’ai fait m’a amenée là sans vraiment m’en rendre compte », ajoute la chanteuse.
Après avoir vécu l’expérience de jouer en anglais sur scène, et avec le succès que remporte Titanique, on peut affirmer que le jour n’est peut-être pas loin où Véronique ira se produire en France ou à Broadway, avec ce spectacle. « Disons qu’il y aurait un potentiel, je connais le show, et c’est sur que ça me ferait capoter. Je dirais oui pour l’expérience, et aussi pour le côté prestigieux. Je ne l’attends pas, mais je sais que c’est possible. Après ça, est-ce que ça va arriver? Je ne le sais pas. Ce show là peut avoir plusieurs vies, il peut être joué à travers le monde. Céline est internationale et le film est international, et dans les deux cas, ils ont eu des succès planétaires. Je suis très consciente qu’il y a une possibilité de le refaire éventuellement, après les représentations au Québec. Il risque de rouler encore beaucoup dans les années à venir, alors qui sait?
Si vous vous posez la question, Céline n’a jamais vu ce spectacle, et Véronique confie que les producteurs ont beaucoup espéré qu’elle assiste à une représentation à New York. Serait-il possible qu’elle vienne le voir à Montréal?
« Si Céline décidait de venir voir le show, je ne serais pas gênée du tout de faire ça devant elle. Dans la mesure où c’est une lettre d’amour que le trio d’auteurs lui adresse avec respect et humour. »

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