Elle a beau avoir eu 100 ans le 25 mars 2025, Janette Bertrand n’a pas fini de nous surprendre. On se demande même comment elle a fait cette année pour avoir autant d’énergie et  participer à différents événements, notamment des émissions de télévision (En direct de l’univers, Les enfants de la télé, des hommages, et à des Salons du livre. Encore récemment, elle était justement au Salon du livre de Montréal à l’occasion de la publication de son nouvel ouvrage, Cent ans d’histoire – Vous m’avez raconté le Québec.

Ce livre, écrit en collaboration avec l’historien Laurent Turcot, se lit d’un trait et devrait passionner tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à l’histoire du Québec. Janette a eu l’idée de faire ce livre après avoir incité, durant la pandémie, les personnes âgées à écrire leur biographie, à raconter les moments marquants de leur vie. Pour ce faire, une page web avait été créée, et elle avait enregistré huit capsules pour donner des trucs aux gens. Ce projet a connu un succès bœuf, tellement qu’elle a eu l’idée de s’inspirer des milliers de manuscrits reçus, de ce que les gens racontaient, pour en faire un livre. Elle a réalisé, à la lecture de ces documents, qu’elle se reconnaissait dans les pensées et moments vécus par ces gens.

« Je te donne un petit exemple, dit-elle : les chaperons. On ne pouvait pas sortir, les filles avec un garçon, sans ton frère ou quelqu’un d’autre qui veillait sur nous. Et si je rencontrais un garçon à la maison, et qu’on était dans les bras l’un de l’autre, je voyais arriver ma mère dans le passage qui disait : « Prendriez-vous un p’tit sucre à crème? » On se détassait assez vite! », dit-elle en riant. Et Janette d’ajouter : « Il y a une constance dans ces biographies et dans ce que j’ai vécu, c’était la peur de devenir enceinte. Dans la mentalité des gens à l’époque, les gars disaient au sujet des filles-mères : « Y a juste les p’tits chars qui sont pas passés dessus… » Cette phrase-là, c’était un comme un poignard pour moi, parce que je savais que ma petite amie, follement en amour, s’était donnée une seule fois et était tombée enceinte, et ses parents disaient d’elle qu’elle était une putain! L’injustice! C’est d’ailleurs l’injustice qui a été la base de toute ma vie, les doubles standards. Ma mère, qui avait trois garçons et moi, sa seule fille, disait : « Je sors mes coqs, rangez vos poules… » Les gars, c’était correct qu’ils sautent sur les filles, mais c’était autre chose pour la fille… »

Ce nouvel ouvrage de Janette, c’est somme toute un tour d’horizon du Québec qu’elle a vu grandir et évoluer, et un hommage aussi à tous ceux qui ont pris la peine de lui faire parvenir leurs biographies.

 

 

 

 


 

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