
Lorsqu’il est question de santé, les hommes tendent encore trop souvent à se retrouver dans l’angle mort du système de soins. Par habitude culturelle, pression sociale ou peur et anxiété, beaucoup d’hommes minimisent leurs symptômes et consultent tardivement. Ce déni, renforcé par une certaine pudeur à évoquer les troubles intimes, entraîne un retard de diagnostic et une aggravation de conditions qui pourraient être prises en charge précocement. Contrairement aux suivis réguliers qui s’imposent aux femmes dès l’adolescence (gynécologie, dépistages), les hommes n’ont pas de parcours de soins aussi systématisé, ce qui contribue à un déficit de prévention et d’éducation en matière de santé masculine.
Parmi les champs médicaux les plus concernés se trouvent les affections urologiques, qui touchent directement la qualité de vie et la santé globale des hommes. Ces troubles, parfois bénins ou liés au vieillissement, peuvent toutefois aussi révéler des pathologies plus graves nécessitant une prise en charge rapide.
Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP)
L’HBP est une affection fréquente après 50 ans chez les hommes. Ce terme pathologique est intimement lié aux symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) parfois causé par une augmentation de volume de la prostate qui comprime l’urètre, provoquant des difficultés à uriner, des mictions fréquentes, parfois nocturnes, et un jet affaibli. Non traitée, elle peut entraîner des complications comme des infections urinaires ou une rétention aiguë d’urine. Les traitements disponibles vont des médicaments (alpha bloquants, inhibiteurs de la 5-alpha-réductase) jusqu’aux interventions chirurgicales minimalement invasives. Le dogme de la pharmacothérapie prolongée pour cette condition semble changer vers une approche plus interventionnelle, comportant moins de risques qu’auparavant et permettant de préserver une meilleure fonction de la vessie et des reins à long terme. Certaines interventions disponibles sont : l’ablation de la prostate par vapeur d’eau, la vaporisation photosélective de la prostate (GreenLight TM), l’énucléation prostatique par laser, ou la résection transurétrale de la prostate.
Cancer de la prostate
Il s’agit du cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez l’homme. Détecté tôt, son pronostic est excellent, mais le dépistage demeure trop rare, faute de sensibilisation. Le suivi du taux de l’APS (antigène spécifique de la prostate) et l’examen clinique permettent une détection précoce. Les options thérapeutiques incluent la surveillance active pour les formes peu évolutives, la thérapie focale (HIFU ou électroporation), la chirurgie, la radiothérapie, l’hormonothérapie ou l’immunothérapie pour les stades plus avancés.
Déficit en testostérone et dysfonction érectile
La diminution de la production de la testostérone chez l’homme peut débuter dès l’âge de 30 ans, et se manifeste par des symptômes tels que la fatigue, une baisse de la libido, des troubles du sommeil, des changements d’humeur. La prise en charge de cette condition requiert une évaluation compréhensive et possiblement une supplémentation de testostérone.
Longtemps taboue, la dysfonction érectile touche pourtant un grand nombre d’hommes à partir de la quarantaine. Elle peut être liée à des facteurs psychologiques, cardiovasculaires, hormonaux ou médicamenteux. Au-delà de son impact sur la vie intime, elle peut être un signal d’alerte pour des maladies cardiovasculaires sous-jacentes. Les traitements incluent les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (comme le sildénafil), les injections intracaverneuses, les dispositifs mécaniques ou, dans les cas sévères, les prothèses péniennes.

Incontinence urinaire chez l’homme
L’incontinence urinaire se qualifie comme une perte involontaire d’urine. Cette condition, bien que moins fréquente que chez la femme, nécessite une évaluation approfondie, car elles peuvent être le signe d’autres conditions sérieuses, ou être une conséquence de traitement du cancer de la prostate. Plusieurs traitements sont disponibles, allant de rééducation périnéale, de médicaments, d’interventions d’injection de toxine botulinique, ou de chirurgies avec implantation de bandelette ou de sphincter urinaire artificiel.
Vers une meilleure culture de la santé masculine
Rompre avec le déni est une étape essentielle. Les hommes doivent être encouragés à consulter régulièrement et à aborder sans gêne leurs symptômes, même intimes. Les médecins de famille, urologues et autres professionnels de la santé, jouent un rôle crucial dans l’éducation, la prévention et le dépistage. En mettant en lumière les conditions urologiques et les solutions disponibles, il devient possible d’améliorer la qualité de vie et de réduire la mortalité associée aux maladies masculines.
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