Si Sonia Benezra se fait malheureusement trop discrète à la télévision, elle a un beau rendez-vous inscrit à son horaire, le 6 septembre prochain. « Je suis l’égérie pour le Salon des aînés de Saint-Jérôme qui aura lieu le 6 septembre, et je suis contente d’avoir accepté parce qu’on m’avait déjà fait cette proposition, mais je n’étais pas prête. J’étais en train de prendre soin de ma mère, j’étais dans un autre monde, et quand maman est décédée, j’ai été dans une profonde tristesse, je pleurais tous les jours. Et là, finalement, Guillaume Nadon me l’a de nouveau proposé pour cette année et j’ai accepté avec plaisir.

Sonia a toujours été coquette, bien coiffée, bien habillée, et pour elle, avec le temps qui passe, il n’est pas question de laisser paraître un cheveu gris ou blanc. « J’admire les femmes qui ont les cheveux gris, mais personnellement, ce n’est pas pour moi, je ne suis pas rendue là. Peut-être un jour », dit-elle.

Jamais au grand jamais vous ne la verrez sortir de chez elle « pas arrangée », comme dirait l’autre. « Dans la vraie vie, je porte souvent mon legging noir et mon chandail noir, et quand même mes petits souliers Plateforme. Et j’ai aussi des règles : je me maquille toujours quand je sors, pour aller faire mon épicerie, par exemple. Ma mère nous a élevées comme ça. Même pour aller au dépanneur, mets du rouge à lèvres, c’est ce que j’ai toujours fait. »

Il sera assurément intéressant d’entendre Sonia répondre aux questions de Danielle Ouimet, lors du Salon des aînés de Saint-Jérôme. Il sera notamment question du rôle de proche aidante qu’elle a joué auprès de sa mère durant plus de six ans. Une période de vie qui a été difficile et, à la fois enrichissante et douloureuse lorsque sa mère est décédée. Puisque la thématique du salon de cette année est axée sur les soins à domicile, Sonia aura bien des choses à raconter et, sûrement, des conseils à donner. Il sera également question de ce passage incontournable vers la vieillesse.

« On a une image de la vieillesse, des femmes qui ont un petit chandail sur les épaules, qui ont froid, et qui portent une veste de laine. Regarde Cher, regarde Mick Jagger ou Paul McCartney (ils ont respectivement 79, 81 et 82 ans), ils bougent, s’habillent et vieillissent bien. On a le choix : ou bien on regarde ceux qui vieillissent mal, ou on s’encourage en s’inspirant de ceux qui vieillissent bien. »

Pas facile de vieillir!

Vieillir est bien sûr un privilège et nous devrions tous profiter pleinement des jours qui passent. « Tout à fait, dit-elle. Mais vieillir est aussi difficile, ce n’est pas facile de voir les changements qui s’opèrent. Tu sais, il y a une expression en anglais qui va comme suit : « When you age, you don’t age gradually. You age suddenly » Tu te lèves un matin et tu te demandes ce qu’il se passe, tu as mal à un genou, à la hanche. Il n’y a personne qui t’avertit, qui te dit que ça va t’arriver dans deux mois, ajoute-t-elle. Un matin, comme ça, tu te lèves et il y a quelque chose qui n’est pas pareil. Ça, c’est apeurant. Moi, dans ma cinquantaine, je me sentais belle, je me sentais en forme. Je me disais que je ne voulais pas vieillir, mais je commence à avoir des problèmes de dos, avec mon genou » confie Sonia. Ce qui n’est pas évident lorsqu’on porte des talons hauts! « J’ai ma collection de souliers que je garde, parce que lorsque je fais de la télévision, je les sors, je les porte pour aller en ondes. Avant j’allais magasiner avec mes talons hauts, mais je ne fais plus ça. Il y a des changements que tu dois accepter et ce n’est pas facile. Mais si tu as toute ta tête et que tu es capable de te déplacer, vieillir se prend mieux. Il faut aussi un peu d’argent pour vivre, parce que ce n’est vraiment pas bon ce qu’il se passe depuis quelques mois. Il y a des gens qui ne peuvent pas se payer quoi que ce soit, ajoute Sonia. Mais si tu es capable de payer ta vie, ton loyer, ton appartement, et que tu as des amis qui vieillissent avec toi, ça va. Moi j’aime le fait que je vieillis avec mes amis proches, ils ont le même âge que moi. On s’aime, on se supporte, et il y a aussi mes sœurs qui sont près de moi. Alors oui, c’est un privilège de vieillir, parce qu’on connait tous quelqu’un qui est parti trop jeune ou trop vite », dit-elle.

Une fierté et des regrets

Aujourd’hui, Sonia affirme ne plus courir après les contrats pour faire de l’animation, et quand je lui demande quelle est sa plus grande fierté, elle répond aussitôt : « D’avoir pu gagner ma vie en français. C’était quand même ma troisième langue! J’étais naïve, j’aurais du dire non, que je ne serais pas capable, mais j’ai relevé le défi. J’admire la personne que j’étais et elle me manque, cette personne. Je faisais confiance à mon instinct, je m’habillais joyeusement avec toutes les couleurs du monde, je portais de gros bijoux, j’étais heureuse! On perd ça avec le temps, j’ai écouté les autres autour de moi en vieillissant, j’ai moins écouté mon instinct, et ça, ce n’est vraiment pas bon. Je regrette aussi de ne pas avoir tenté ma chance d’aller à Los Angeles après mon talk-show. J’avais un grand agent, CAA, la plus grosse compagnie qui comptait dans ses rangs Céline, Barbra Streisand. J’avais un contrat, et il fallait vraiment que je vive là-bas, j’ai été très proche d’avoir un très gros show, mais je voulais être avec ma famille… » Ça vous rappelle quelqu’un? Ginette, bien sûr, qui a préféré demeurer au Québec auprès des siens. « Je me demande qui je serais aujourd’hui, si j’avais eu le courage d’aller à Los Angeles et si j’avais eu du travail. J’ai le feeling que j’aurais eu un show. Et est-ce que j’aurais rencontré l’homme de ma vie? I don’t know. Je ne peux pas dire que je suis en ce moment dans la plus belle période de ma vie, je ressens encore de la tristesse. Le départ de ma mère m’a beaucoup touchée, ça fait deux ans et on dirait que c’était hier, lance-t-elle. Je n’avais pas de temps à moi, je ne me posais pas de questions sur ma vie, elle était remplie. J’avais moins de temps pour me concentrer sur moi, et maintenant que j’en ai, je trouve que je ne l’emploie pas très bien. C’est dur de s’ajuster. »

On ne peut que lui suggérer de se fier de nouveau à son instinct, ce qui l’a toujours bien servie.

Le Salon des aînés de Saint-Jérôme aura lieu le 6 septembre au Quartier 50+.

POUR INFORMATIONS | www.salondesainés.ca

 


 

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