
Nous nous sommes tous demandé, à un moment ou un autre, où sont passés le civisme et le savoir-vivre. Nous avons tous, un jour ou l’autre été, à notre tour, bourru, impoli et même désagréable avec de parfaits inconnus. Mais comment notre civilisation en est venue à être aussi centrée sur notre personne, nos besoins et notre univers…
Tous les conducteurs se demandent où sont passés les bonnes manières et les principes de base d’une conduite sécuritaire. Demandez à un.e chauffeur.e de camion qui, au volant de son mastodonte de 45 000 kg, voit des voitures se faufiler devant, sans considération pour leur sécurité et celle d’autrui pour qu’ils puissent arriver 30 secondes plus vite. Comme le dit si bien le tube des Cowboys Fringants « tellement pressés d’aller nulle part… » Vous êtes dans un stationnement ? Depuis quand celui ou celle qui recule d’un emplacement a la priorité sur le véhicule se déplaçant dans la voie de circulation ? Quand est-ce que le Code de la route a été modifié en donnant la priorité à quelqu’un qui a mis son clignotant faisant fi des principes de base d’une distance sécuritaire ? Imbécilité ? Non. Intelligence sous la moyenne ? Non. Manque de civisme ? Eh oui !

La société évolue. Dès l’apparition en 1979 du baladeur Sony Walkman, notre lien avec les autres prenait alors une tournure évidente. Nous n’avions plus à écouter des musiques qui plaisaient aux autres, mais seulement à nous. Nous créions alors notre propre univers, notre bulle musicale que nous n’avions plus à partager. C’est notre cellulaire, nos émissions qu’on choisit d’écouter quand ça nous chante, notre Balado écouté à notre rythme, dans notre bulle. Nous vivons le visage scotché sur notre portable en oubliant la vie qui nous entoure. La technologie et l’évolution des médias ont-elles changé la société ? Oui, bien sûr. Pour le meilleur ? Non pas sûr !

Nous sommes rendus intolérants aux opinions qui vont à l’encontre des nôtres. Les débats d’idées se font maintenant sur les médias sociaux à grands coups d’invectives et notre argument principal pour défendre nos idées devient une insulte. « Hen la lumière ? » lancé péjorativement pour redescendre le débat à un niveau trumpiste afin de combler notre manque d’argumentaire intelligent. Cachés derrière un clavier, les injures fusent. Désolant.
Mais où est-ce que collectivement avons-nous foiré ? Quand le vouvoiement est-il disparu des écoles ? Lorsque nous avons accepté d’être tutoyés par des inconnus ? Par des plus jeunes ? Quand mes besoins ont-ils pris le dessus sur ceux de mon voisin ? Sans devenir des mère Teresa, un peu de bien séance, de courtoisie et de respect ne ferait pas de tords. Est-ce que notre société reviendra comme avant ? Non . Une barre de fer, une fois pliée et repliée, ne reprend jamais sa forme originale.
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