
Cette histoire, profonde et porteuse d’un message rempli d’humanisme et d’acceptation raconte l’histoire de Colin, qui fait son entrée dans un nouveau collège. Angoisse, inquiétude et appréhension habite cet ado de 14 ans : comment s’en sortir et être accepté des autres, quand, comme lui, on est bègue? Sa rencontre avec le charismatique professeur Devarseau, enseignant le français, va le pousser à affronter ses peurs et sortir de son isolement. Maintenant Colin a un groupe d’amis et un projet : monter sur scène pour jouer Cyrano devant toute l’école.
Rencontre avec Jennifer Devoltière
, réalisatrice et co-scénariste.
Inspirée d’une pièce de Nicolas Devort jouée plus de mille fois, Jennifer Devoltère s’est retrouvée dans la pièce; « Quand j’ai vu le spectacle, j’ai trouvé qu’il faisait écho à des choses très personnelles, à des thématiques qui me sont chères comme l’acceptation de la différence, la transmission entre générations, trouver sa place, et que l’histoire de Colin était universelle » nous lance celle qui a réalisé ou scénarisé six longs métrages. « Pour moi, ce film est l’histoire d’une reconstruction. Colin et sa mère Giulia (NDLR : interprétée par Aure Atika) viennent d’un endroit où ils ont souffert, ils ont traversé des épreuves, ils appréhendent de débarquer dans un lieu qu’ils n’ont pas choisi… Pourtant, ce retour aux sources va leur ouvrir de nouvelles perspectives et participer à leur réparation. Je trouve que c’est mon film le plus personnel. On sait tous ce que cela signifie de buter, de bloquer, de trébucher, de subir le regard des autres, d’avoir peur, d’avoir honte, d’avoir honte d’avoir honte… » conclue-t-elle.
Entretien avec José Garcia et Joachim Arseguel.

José Garcia qui a débuté sa carrière au petit écran et fait le saut au cinéma en 1997, campe de façon magistrale le rôle du professeur Deverseau qui marquera la vie des jeunes de sa classe. « Pour moi, les profs sont des Don Quichotte. Devarseau, mon personnage, n’a pas de jugement, pas de dogme – il se dit seulement que l’école est sans doute le dernier bastion où l’on peut donner une éducation à un être » raconte José. « Mon personnage fait partie de ces gens qui essaient, malgré tous les carcans qu’on leur impose pour faire entrer les enfants dans un système normatif – et malgré une hiérarchie d’un autre âge qui freine leur épanouissement – d’éveiller les consciences. Il cherche à sortir des sentiers battus et à capter l’attention des enfants » conclu le franco-espagnol.
Joachim Arseguel, dont le bégaiement est d’origine neurologique, a hésité de se rendre aux auditions. « C’est vrai qu’au départ, je ne voulais pas du tout y aller ! Je me suis rendu compte que j’avais surtout peur. Mon orthophoniste, m’a poussé à m’y rendre – j’avais déjà passé le concours d’éloquence des bègues et l’expérience avec été positive. » Inspiré de sa propre expérience, dont ce film est sa première expérience cinématographie, livre une performance inspirée et inspirante qui laisse entrevoir une carrière fleurissante.
