C’est avec passion que la comédienne Anne-Élisabeth Bossé parle de la pièce Le fantôme dans la machine, qui sera présentée prochainement chez Duceppe, et dans laquelle elle partage la vedette avec Patrice Dubois, Simon Lacroix et Christophe Levac. « La pièce est inspirée d’une vraie histoire dans la vie personnelle de l’autrice, Fanny Britt. Elle appelle ça une auto-science-fiction : l’autrice a perdu son frère dans des circonstances assez tragiques quand elle avait 19 ans, et ça a beaucoup changé la suite de son existence », confie Anne-Élisabeth.

Le scénario de cette pièce est intrigant : invitée sur un plateau de télévision, une femme a la surprise de sa vie: l’équipe a organisé de grandes retrouvailles en direct avec son frère, qu’elle n’a pas vu depuis 29 ans. Sauf qu’il est mort dans un incendie en 1997. Est-ce une hallucination ? Un sketch de mauvais goût? Il faudra voir la pièce pour obtenir les réponses.

« Mon personnage fait un exercice, disons un peu comme dans Plan B. Si elle avait pu reculer au moment où il est décédé, et qu’elle l’empêche de mourir, que serait-il devenu ? Les trois autres acteurs qui jouent avec moi incarnent des versions différentes et un peu fantasmées de son frère. Elle se pose plein de questions : si j’avais pu changer le passé, qu’est-ce qu’il serait devenu? Et s’il n’était pas mort, de quoi aurait-il l’air à 40 ans ? C’est un peu un genre de jeu, à se demander si on avait pu changer le passé, que serait-il arrivé. Par exemple, si telle personne ne m’avait pas laissée et que j’étais toujours avec mon chum de secondaire 1, est-ce que j’aurais mes enfants et est-ce que je vivrais encore à Montréal ? Alors il y a plein de déclinaisons différentes, et c’est tantôt cocasse, tantôt troublant. C’est en somme un exercice avec des déclinaisons différentes, à se demander pourquoi les choses arrivent, et comment trouver un sens dans le deuil, la perte, et les changements de vie dramatiques. C’est philosophique, profond, ce sont des têtes à têtes avec les fantômes dont elle imagine recevoir la visite. Elle apprend aussi par eux ce qu’elle serait devenue si son frère n’était pas mort », poursuit Anne-Élisabeth.

La proposition est fort intéressante et Fanny Britt, depuis qu’elle est sortie de l’École nationale de théâtre du Canada en 2001, a été très prolifique et ses créations ont été jouées à maintes reprises. Celle-ci est fort alléchante, et sera présentée du 28 octobre au 28 novembre chez Duceppe. Anne-Élisabeth nous a aussi appris qu’une quinzaine de représentations de Le fantôme dans la machine seront présentées en tournée en 2027.

« Il est question de la mémoire dans cette pièce parce qu’au fond, tout ce qui nous reste des gens qui nous ont visités, c’est notre mémoire. Notre mémoire n’est pas toujours en quête de vérité, mais ce qui compte, c’est qu’on ait quelque chose à se souvenir », dit-elle.

La comédienne confiait également qu’en travaillant le texte de cette pièce, elle a eu des questionnements par rapport à des personnes qui sont décédées ou qu’elle a perdues de vue. « Parfois, je pense que ça calme un peu le sentiment d’injustice qu’on peut ressentir, et au fond, ce sont des expériences qui sont partagées par tellement de monde ! On se sent toujours un peu unique avec nos moments de deuils, mais tu sais, c’est l’affaire la plus humaine qu’il n’y a pas. »

 

 

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