
Les médecins avaient perdu tout espoir. Ils avaient décidé de tirer la plug ! Mais la principale intéressée, ne l’entendait pas ainsi. Et dès lors commence un incroyable combat contre une mort annoncée. C’est le combat d’Hélène Larose, un combat de dix longues années. Une décennie faite de douleurs, de déceptions, de larmes, mais heureusement de beaucoup de tendresse.
C’est en 2010 que le cauchemar commence. Hélène consulte pour ce qu’elle croit être une hémorroïde. Le résultat de la biopsie sera brutal. Hélène a chopé un cancer et la maladie s’est propagée. De retour à la maison, secouée par cette nouvelle, la maman de 42 ans doit maintenant l’annoncer à sa famille; au mari ainsi qu’à ses deux jeunes enfants, un garçon de 13 ans et une fille de 11 ans.
« Je n’oublierai jamais cet instant. Ce fut d’une tristesse inouïe, » confie avec difficulté Hélène. D’ailleurs, en racontant ce souvenir, elle s’arrêtera trois fois, le temps de sécher ses larmes et de reprendre le contrôle. « Mon mari, mes enfants et moi, on s’est tous serrés dans nos bras et on a pleuré. Je leur ai dit : N’ayez pas peur, je vous jure que maman va guérir. »
« Si tu veux te battre, on va se battre avec toi ! »
Celle qui est directrice de vol pour une compagnie de ligne aérienne, doit cesser de travailler, le temps des traitements.« En réalité, confie Hélène, j’ai peu travaillé durant mes dix années de maladie; que par intervalles. Environ 14 mois au total. »Le traitement est plutôt raide : deux opérations à six mois d’intervalle; mais faut ce qui faut. Hélas ce ne sera guère mieux pour la suite des choses.
Deux ans s’écoulent, Hélène se croit sur le chemin de la guérison et reprend le travail. Malheureusement le cancer revient. Et voilà qu’un deuxième round débute, soit une série d’horribles traitements de chimio, de radiation et de curiethérapie; des traitements très douloureux.
Quelque temps plus tard, on lui fait subir d’autres examens. Si le résultat de la biopsie passée quelques années auparavant fut brutal, celui d’une IRM (imagerie par résonance magnétique) pour une douleur à l’épaule est catastrophique. Le cancer est agressif et s’est propagé au poumon et au foie. Son oncologue l’informe qu’elle est malheureusement au stade 4, le stade le plus avancé de la maladie. L’opérer la prolongerait d’un an, peut-être deux avec de la chance, « mais dans un tel cas, dit l’oncologue, tu vas souffrir pendant tout ce temps. »

C’est comme un coup de masse en plein front ! C’est pire que de retourner à la case départ. C’est la mort qui l’attend et ça, Hélène s’y refuse. Hors de question de laisser ses jeunes enfants et son mari seuls. « Je fonce. Je vais me battre. Je vais retourner vivre avec les miens à la maison ! » Donc, on n’abandonne pas, d’autant plus que son mari, « un homme exceptionnel », souligne Hélène, lui dit : « Si tu veux te battre, on va se battre avec toi ! » Et voilà Hélène au troisième round, sans doute le pire de tous : huit piqûres pour une seule biopsie, et encore une série d’horribles traitements de chimio. Ses globules blancs sont détruits. Trop faible, Hélène est hospitalisée plusieurs jours.
Puis, après quelques mois de ce dur traitement, on lui passe un scan. Incroyable, il n’y a plus trace de cancer. dans les poumons.
Reste maintenant le foie pour lequel son médecin qui refusait de l’opérer fini par céder.
La jeune famille est plongée dans un mélange d’angoisse et d’espoir lorsqu’Hélène entre en salle d’opération. Elle passera 10 heures sur la table d’opération. « J’ai vécu quelque chose d’unique, confie Hélène. J’étais incapable de me réveiller. Je me souviens très bien avoir vu une lumière d’un blanc immaculé. » Finalement, elle revient à elle, mais demeure deux autres semaines à l’hôpital. Hélène n’en a pas fini. Trois mois après l’opération le cancer est encore là. Battante comme ça ne se peut pas, la courageuse continue son combat. Elle l’avait promis à « ses trois amours. Je ne voulais pas non plus que la dernière image qu’ils aient de moi soit celui d’une femme malade. »
Commencent la dernière solution, les traitements d’immunothérapie. Ces traitements, très douloureux soit dit en passant, lui seront dispensés aux deux semaines pendant…TROIS ans ! Et comme si la famille n’en avait pas déjà assez, voilà qu’elle se retrouve sans économie et pour s’en sortir, on vend la maison et retire les REER. Mais ça en valait le coût, car finalement, par une radieuse journée de 2019, des tests confirment que cette fois, il n’y a plus de cancer. Hélène a triomphé.
« C’est carrément un miracle, » conclura son médecin !

Hélène est extrêmement reconnaissante d’avoir été si bien entourée durant la maladie. Un mari toujours attentionné et présent depuis maintenant 35 ans. Des enfants merveilleux qui évitaient de lui parler de leurs problèmes jugeant qu’elle en avait assez comme ça, puis sa sœur qui a renoué avec elle après quelques années de froid et qui fut d’un important soutien. Et la maman d’Hélène, qui invitait ses amis à prier pour sa fille.
« J’ai reçu des tonnes d’amour, dit Hélène, même de la part de personnes qui ne me connaissaient pas, mais qui suivaient mes commentaires sur les réseaux sociaux. Je voulais cesser mes posts, mais je n’ai pu le faire justement à cause d’elles et des témoignages touchants que je lisais du genre » : ‘‘ tu me donnes la force de continuer mon combat, ,, ou, ‘‘ tu donnes du courage à mes parents. ,, « Tous les soirs, je me couche en nommant trois belles chose que j’ai faites durant la journée…enfin de mettre du positif à la place du négatif. Ça change mon état d’esprit et je remercie l’univers pour m’avoir offert une autre journée. » Depuis quelque temps, Hélène rencontre des gens qui ont des ennuis de santé et qui ont besoin d’être rassurés. Elle témoigne de son expérience ce qui a l’heur de raviver l’espoir. « D’une certaine façon, conclu Hélène, je crois que tout ça m’est arrivé afin que je donne justement de l’espoir aux autres. »

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