
La retraite est encore bien loin pour Dorothée Berryman, et c’est une très bonne chose pour tous ceux qui aiment l’artiste, et bien sûr la femme exquise qu’elle est depuis plusieurs décennies. Dorothée, la chanteuse, montera donc sur la scène du Studio de l’Espace St-Denis le 27 octobre, où elle présentera un concert intimiste accompagnée par son trio de musiciens.
Pour celle qu’on a pu voir récemment dans la comédie musicale Les Nonnes, jouée à Eastman et à Baie du Febvre – elle incarne la mère supérieure – le temps ne semble pas avoir d’emprise sur elle. Dans ce spectacle, qui sera de nouveau à l’affiche en 2027-2028, nous apprend-elle, elle jouait, chantait et dansait, ce qui lui a demandé d’être très en forme. Et pour celle qui est maintenant âgée de 78 ans, ça ne semble pas être un problème. « Je fais des classes de Pilates chaque semaine, depuis les années 1990, et je marche tous les jours au bord du fleuve. Et puis je fais toujours des classes de chant, j’ai un professeur avec qui je travaille régulièrement parce qu’il faut garder l’instrument en forme. Et si je veux éloigner le plus possible une voix qui vieillit, je la garde fraîche avec les cours chaque semaine. C’est important de continuer à entraîner la voix. C’est ma fontaine de Jouvence, j’adore faire ça, et je me considère tellement chanceuse de pouvoir faire quelque chose que j’aime, et de continuer à travailler », précise-t-elle. Dorothée avoue qu’elle n’a jamais mangé de poutine de sa vie, ni de fast food, et qu’elle a fait une croix sur le vin. « Je médite depuis un bon moment et je me suis aperçue que les deux ne fonctionnaient pas ensemble. Il y a une acuité d’esprit qui disparaît quand je bois du vin, tandis que la qualité de mon sommeil est bien meilleure sans cela», dit-elle.
Avec grand plaisir, la chanteuse va donc renouer avec le public pour lui offrir son répertoire varié. « J’ai beau me préparer, la vraie révélation pour moi, le vrai travail, il commence quand le public est là, dit-elle. J’ai commencé au Sofa (un bar sur le Plateau-Mont-Royal aujourd’hui disparu), et je ne visais pas à ce moment de faire un album ou même de chanter au Festival de jazz, une chose à laquelle je n’avais jamais pensé. Je voulais juste être avec des musiciens pour travailler et pour apprendre, et être devant un public, en train de communiquer avec les gens. J’ai chanté à cet endroit durant quatorze semaines, à raison de trois spectacles chaque dimanche, et les offres sont ensuite venues sans que je les cherche. Il n’y a rien comme la scène pour moi, que ce soit au théâtre ou en musique : ça a toujours été là que j’ai appris. »
C’est avec un enthousiasme non dissimulé qu’elle donne des détails au sujet de ce spectacle qu’elle va présenter. « J’adore parler aux gens entre les chansons, raconter des histoires, leur présenter un répertoire (français et en anglais) qui, je l’espère, veut dire quelque chose pour le public. Tout cela se fait à travers un fil conducteur qui parle, je dirais, du temps qui nous échappe, du temps qui passe, et de notre peur de perdre notre temps, du fait qu’on passe notre temps à tuer le temps. Ce sont naturellement des chansons d’amour que je chante sur tous les tons, c’est-à-dire qu’il y a des chansons humoristiques, douces autant que romantiques, ou encore dramatiques et grivoises. L’humour est bien important pour moi dans le spectacle, dans ma communication avec les gens. »
C’est un répertoire de jazz que Dorothée va offrir aux spectateurs. Des années 1920 aux années 1960, les œuvres de Gershwin, de Cole Porter, entre autres, et elle offre aussi des chansons en français. « Pour résumer le spectacle, je citerais un critique qui a écrit, lors du lancement de mon deuxième album, que c’était très montréalais que de ne parler qu’en français, et de chanter en anglais et en français », ajoute Dorothée.
La chanteuse ne cache pas qu’elle aimerait se produire plus souvent sur scène, elle aimerait beaucoup présenter d’autres spectacles à Montréal, et effectuer une tournée. « C’est un privilège de pouvoir aller à la rencontre du public comme ça, j’en suis bien heureuse, même si j’ai toujours peur que la salle soit vide. Depuis la pandémie, j’ai fait très peu de spectacles de musique, et c’est important pour moi de pouvoir continuer. C’est une grande chance de pouvoir faire le St-Denis », ajoute-t-elle.
Quant à la comédienne, on a pu la voir récemment dans les séries Mea Culpa et Stat, et elle ne cache pas qu’elle aimerait beaucoup refaire du cinéma. La dernière fois, en fait, c’était dans le film French Immersion, en 2011. Ce serait une bonne idée qu’un réalisateur ou un producteur songe à elle!

