
Après avoir connu le succès au Théâtre de Rougemont et à Kingsey Falls au cours de la saison estivale, la pièce Fleurs d’acier est présentée en tournée au Québec jusqu’à la fin janvier. On parle ici d’une excellente production qui est l’adaptation de Steel Magnolias, de Robert Harling, qui a porté sa pièce au grand écran avec en vedette Sally Field, Dolly Parton et Shirley MacLaine. La traduction et l’adaptation de Fleurs d’acier sont l’œuvre de Michel Tremblay, alors qu’Alain Zouvi en a signé la mise en scène. Nathalie Mallette, l’une des comédiennes que l’on retrouve dans cette pièce, nous en parle.
« C’est une très bonne pièce qui est très bien écrite, dit-elle. Les gens font souvent référence au film, mais la pièce a été écrite en 1987. L’auteur s’est inspiré de sa sœur, d’un drame qui est arrivé dans sa vie, et dans la pièce, il n’y a que des femmes. Je joue avec Louise Deschâtelets, Josée Beaulieu, Flavie Bourgeois, Louise Cardinal et Myriam Poirier. C’est une pièce sur la sororité, sur l’amitié entre les femmes. Ça se passe dans les années 1980 dans un salon de coiffure, c’est comme un point de chute où ces six femmes-là se retrouvent tous les samedis, pour parler de tout et de rien, mais aussi de leurs drames, de leurs enjeux et de leurs défis. La pièce porte donc sur la solidarité, l’amitié féminine, la résilience. C’est très, très beau, et c’est bien sûr une pièce où l’on rit beaucoup, mais les spectateurs pleurent aussi beaucoup parce qu’à un certain moment, ça bascule et ça devient très émouvant », raconte la comédienne.
Au-delà de la grande qualité de la pièce, Nathalie dit ne pas se lasser de jouer ce personnage. Elle est d’ailleurs très heureuse de pouvoir poursuivre l’aventure sur scène avec ses collègues.
« Louise Deschâtelets a des affaires très drôles à jouer, même chose pour Josée Beaulieu, qui joue un personnage qui est toujours de mauvaise humeur. Pour ma part, je joue Thérèse, la propriétaire du salon, et je dois donc coiffer en même temps que je joue, et ça, ça représentait quand même un défi parce que je n’avais jamais fait ça de ma vie », dit-elle amusée.
Nathalie a donc dû apprendre les rudiments de la coiffure pour les besoins de ce rôle. « Je suis toujours en train de faire quelque chose, et puis je suis sur scène quatre-vingt-dix-neuf pour cent du temps étant donné que je suis la propriétaire de l’endroit. Ma Thérèse est pleine de vie et de résilience, elle est de bonne humeur et elle dirige une jeune qui vient de débuter dans le métier. » La comédienne tenait aussi à souligner lors de notre conversation le beau travail accompli par Alain Zouvi. « Il a fait une super mise en scène, il nous a amenés à rendre ça très humain. »
Outre quelques petites apparitions à la télé – elle a tourné dans la nouvelle série Angles morts qui sera présentée sur Tou.tv en 2026-2027 –, Nathalie fera beaucoup de théâtre au cours des prochaines années. En fait, au moins jusqu’en 2028. Elle nous a confié qu’elle jouera dans une pièce l’été prochain, qui sera ensuite présentée en tournée au Québec. Elle ne pouvait nous donner les détails et le titre de cette production, mais en fouillant un peu, on a appris que Symphorien 2 prendra l’affiche en 2027, et il y a fort à parier que Nathalie reprendra son rôle de Berthe L’espérance.
Une histoire de famille
« Depuis la pandémie, le théâtre m’appelle beaucoup ; la scène est comme ma deuxième maison. En plus, à l’été 2025, j’ai eu l’occasion de jouer avec ma fille (Jeanne Bellefeuille) au Théâtre Beaumont-St-Michel dans la pièce Moutarde forte, et c’est Robert (Bellefeuille, le conjoint de Nathalie et père de Jeanne) qui avait fait la mise en scène. C’était donc une histoire familiale, et Jeanne est maintenant en deuxième année à l’École nationale de théâtre. Elle adore ça, c’est clair qu’elle veut faire ça toute sa vie » dit-elle au sujet de sa progéniture, qu’on a pu voir entre autres dans la série télé Famille Magique et le film Nos Belles-Sœurs.
Question piège à Nathalie : quelle est la différence entre Jeanne, âgée de 21 ans, et toi au même âge ? « Moi, mon père était épicier et ma mère était à la maison. C’est vraiment l’instinct qui m’a dirigée au désir de devenir comédienne. J’ai fait des auditions et j’ai fini par être acceptée au Conservatoire, et j’avais tout à apprendre. Quant à Jeanne, elle a vraiment de longueurs d’avance. Elle va au théâtre depuis qu’elle est enfant, et elle vit dans un milieu théâtral. Elle a passé des heures, des jours, des mois à l’arrière-scène avec moi quand elle était petite. Mais cela dit, l’industrie a beaucoup changé et en plus, il y a les réseaux sociaux, alors tout ça s’inscrit dans une génération où les paramètres sont vraiment différents. Mais il reste que faire du théâtre il y a quarante ans, ou faire du théâtre aujourd’hui, c’est pareil, et je pense que ça ne changera jamais » ajoute-t-elle.

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