Trois ans après avoir terminé les représentations de son spectacle précédent, Classique, Cathy Gauthier est de retour sur scène avec Humaine, sa nouvelle œuvre qu’elle présente en rodage depuis début septembre.

C’est une année de chiffres importants pour Cathy. Elle présente son 5e spectacle en carrière, et elle célébrera son 50e anniversaire en février prochain. En numérologie, dit-on, le chiffre 5 symbolise la liberté, le changement et l’équilibre entre le corps et l’esprit. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes, dit-elle, c’est sur que ça avance, et que mon personnage évolue en même temps que la femme qui monte sur scène. Ça avance, et je dirais aussi que je suis contente de ma longévité. Au début de ma carrière, des personnes ne croyaient pas que j’allais durer, ils ne croyaient pas en mon produit, mais je suis encore là, vingt-six ans plus tard », dit-elle.

Et pourquoi a-t-elle décidé de titrer son nouveau spectacle Humaine ? « Tout simplement parce que je m’adresse à des humains, et je trouve que le contact humain se perd de plus en plus avec la technologie et l’intelligence artificielle. Moi, ça me fait un peu peur. Alors oui, je parle des humains, et je mets de l’avant mon côté humain avec un peu plus de vulnérabilité. Je m’ouvre un peu plus dans ce spectacle. Je parle plus d’affaires qui sont vraies et qui sont près de moi. Ça toujours été le cas, mais là, on dirait que je vais moins dans le côté un peu rough, c’est plus dans la douceur », ajoute Nancy. Dans ce spectacle, elle dit ne pas parler beaucoup de son rôle de mère – sa fille est âgée de huit ans –, du moins pour l’instant. « Par contre, je parle beaucoup de ma mère. Mais on en est aux balbutiements du rodage alors c’est sûr que le show, je l’écris en le faisant. Mais oui, je vais sûrement parler de ma fille, mais je ne fais pas de numéros comme tels. C’est  un long monologue d’une heure et quart que je fais, je parle de mille et un sujets qui s’entrecroisent ; je parle d’un sujet, je reviens à ce que je disais auparavant, c’est vraiment une longue conversation avec le public. »

Comme tout nouveau projet que quiconque entreprend, il y a bien sûr un moment d’excitation inévitable, et dans le cas de Cathy, qui amorce la présentation d’un nouveau spectacle, elle confie que cette période est difficile. « Écrire un spectacle et aller le présenter devant les gens, en rodage, c’est vraiment la partie la plus difficile, la plus ingrate parce que tu t’ouvres vraiment, t’es en pleine vulnérabilité. C’est le bout le plus tough, mais c’est un processus qui est normal et essentiel, et ce n’est pas la première fois que je passe par là. Mais quand le spectacle est placé, que tu es sur scène et que les gens rient, là ça devient plus une partie de plaisir, même si ça demeure un travail très difficile. J’écris, comme d’habitude, environ quatre-vingt-quinze pour cent de mes spectacles, mais je travaille aussi avec Étienne Marcoux et Simon Laroche pour l’instant, et je ne suis pas fermée à l’idée d’avoir peut-être d’autres collaborateurs. Je trouve que c’est ça, l’essentiel, d’écrire soi-même ses textes et d’aller les présenter et les défendre sur scène parce que sinon, tu joues les textes des autres et tu deviens interprète, plus une comédienne qu’une humoriste. »

Après tant d’années de métier, Cathy demeure lucide face à son métier, d’autant plus que des humoristes, il y en a en quantité au Québec qui présentent des spectacles. Dans son cas, sa réputation et son style sont

faits, mais comme elle le précise : « Je pense qu’il n’y a jamais rien de gagné, mais le public me suit et je sens qu’il y a un engouement autour de mon nouveau spectacle. Je reçois énormément de commentaires sur Facebook et les réseaux sociaux. Je me suis bâti un public fidèle au cours de toutes ces années, et ces gens-là amènent aussi d’autres personnes qui me découvrent. Mon public grandit de spectacle en spectacle, et j’ai un respect énorme pour toutes ces personnes, c’est grâce à eux que je vis. »

En prévision de cette nouvelle saison, et des nombreux spectacles qu’elle va présenter, Cathy a décidé de ne plus travailler à temps plein à la radio, à l’émission Ça rentre au poste (Énergie 94,3). « Ils ont accepté que je sois là seulement les lundis, le temps que je fasse ma tournée, et après ça, je vais sûrement revenir à temps plein à la radio », précise-t-elle.

Même si elle compte plus de vingt-cinq ans de métier, qu’elle compte parmi les humoristes les plus appréciées du grand public, Cathy Gauthier avoue que chaque fois qu’elle arrive avec une nouvelle proposition, elle se met quand même beaucoup de pression sur les épaules.

« Je veux avoir le sentiment du devoir bien accompli, je veux bien faire les choses et que les gens qui paient pour venir me voir soient satisfaits. La pression, c’est surtout pour plaire au public et qu’il soit content, parce que ça coûte quand même cher d’aller voir un spectacle, en plus de la gardienne, du souper au restaurant. Pour plusieurs personnes, c’est une sortie qui est prévue depuis des mois, et ça demeure quasiment un luxe pour certains, alors je me dois de leur offrir une super belle soirée. J’ai des gens qui assistaient à mes spectacles en 2005 et qui viennent encore me voir, et il y en a qui étaient avec leurs enfants, et aujourd’hui, ces enfants-là se retrouvent dans la salle avec leurs blondes et leurs chums. Je trouve ça vraiment l’fun de constater qu’il y a une nouvelle génération qui apprend à me connaître. »

 

 

 

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