
Il faut avoir vu le spectacle théâtral Verdict 2 pour en mesurer toute la qualité. Un projet original captivant, différent d’une pièce de théâtre, qui met en vedette Sonia Vachon et Paul Doucet. Comme on l’écrit dans le communiqué de presse : on y présente des plaidoiries abordant différents débats de société. Que l’on pense à la détresse des proches aidants, aux cas d’atteinte à la réputation ou encore à la violence conjugale, la société québécoise a débattu lorsque ces causes ont été entendues en justice. »
« Ce sont des plaidoiries de procès connus, mais c’est sûr que les gens en apprennent plus que ce qu’il y avait dans les journaux, et ils écoutent attentivement, ils aiment beaucoup », confie Sonia. Ce spectacle particulier est présenté tout l’automne dans différentes villes. « Il est question de diffamation publique, de proches aidants, de violence conjugale, et les spectateurs sont vraiment intéressés par ces causes québécoises qui ont réellement existé. Il y a aussi un côté éducatif à tout ça, et c’est très l’fun de voir les réactions dans la salle. Pour nous deux, Paul et moi, c’est quelque chose à apprendre, parce que ce sont les verbatims des plaidoiries. Il n’y a aucune romance là-dedans. Paul m’avait expliqué au début de la tournée qu’on ne crée pas de personnages parce que ces avocats-là existent, et on ne peut pas improviser », ajoute la comédienne.
« La particularité de ce show-là, c’est qu’on est tous les deux ensemble, Sonia et moi, mais on n’a pas autant d’interactions que ça parce qu’on a chacun nos causes, nos plaidoiries chacun notre tour, explique Paul Doucet. Mais il y a deux plaidoiries où l’on fait défense-couronne, et la toute dernière cause, où l’on est vraiment dans la joute. Et pour la dernière partie de la pièce, on demande aux spectateurs de rendre leur verdict avant de leur annoncer quel a été le véritable verdict du procès original », raconte le comédien, qui dit connaître Sonia depuis trente ans et qu’une complicité s’est établie avec elle pour cette pièce. « On a joué ensemble dans l’un des premiers shows de théâtre qu’on a fait, en sortant de nos écoles respectives de théâtre. C’était dans Rhinocéros, montée par René Richard Cyr. Par la suite, on s’est croisés sur différentes choses, des émissions de variétés, en plus de se retrouver sur le même plateau, entre autres dans Les pays d’en haut. La complicité ne s’établit pas seulement à l’écran ou sur scène, elle est à l’extérieur aussi et on a bien du fun. »
Si vous n’avez pas vu ce spectacle, il faut savoir que les deux comédiens sont vraiment exceptionnels et qu’ils travaillent très fort. « C’est un gros travail de mémorisation, ajoute Paul, surtout que ce n’est pas standard comme texte. On est dans des plaidoiries, on est dans des textes de droit. Ce n’est pas un texte dramatique, il y a des tournures de phrases, des façons de dire les choses. Et il faut savoir que les mots que l’on dit ont vraiment été prononcés en cours. Les avocats ont leurs notes quand ils sont en cour, ils ont leur cause en tête et livrent leurs plaidoiries. Nous, pour ce spectacle-là, on a des enregistrements écrits de ce qui s’est réellement dit. L’apprentissage initial du texte a été vraiment ardu, mais une fois que tu le maîtrises, ça devient un terrain de jeu qui est super intéressant. »
Ce sont Nathalie Roy et Yves Thériault qui sont derrière ce projet, c’est-à-dire la recherche des causes, les textes qui sont retravaillés
Par ailleurs, si cette tournée de Verdict 2 va l’occuper jusqu’en janvier, on peut voir Paul dans la peau de Maître Duguay dans la quotidienne Indéfendable. « Mon personnage est un peu plus présent cette année, on va lever le voile sur sa vie privée, et j’ai beaucoup aimé la courbe qu’on m’a proposée pour mon rôle. » Par ailleurs, Paul reprendra son rôle dans Le Comte de Monte-Cristo en juillet 2027.
Fait intéressant pour vous, qui comptez assister à Verdict 2 : il y a toujours une période de questions-réponses à la fin du spectacle. « Les gens aiment leur soirée, les salles sont pleines, ça marche vraiment bien. C’est un show différent de ce qui est offert pour les amateurs de théâtre, les gens ont soif de ce niveau d’intellect là, et d’aller aussi au-delà de l’anecdote. On a des causes dont les gens se souviennent, dont ils ont entendu parler et qui ont marqué le Québec, mais les gens ne sont pas vraiment allés plus loin que l’anecdote, mis à part le résultat et la sentence. Nous, on ne fait que donner de l’information aux spectateurs, et ce sont à eux de se faire leur propre opinion et de trancher, à une époque où on est bourré sans arrêt de journalisme d’opinion. C’est un exercice que les gens adorent, je pense que ça fait partie des raisons pour lesquelles Verdict 2 a du succès », ajoute-t-il.

POURSUIVEZ VOS DÉCOUVERTES

