Oh qu’il est attendu, le film Nos Belles-Sœurs, écrit et réalisé par René Richard Cyr, d’après l’œuvre théâtrale de Michel Tremblay! C’est un événement, assurément l’un des succès de l’été au cinéma, une grande production qui met en vedette Geneviève Schmidt dans le rôle de Germaine Lauzon, notamment entourée d’actrices bien connues telles Guylaine Tremblay, Anne-Élisabeth Bossé, Pierrette Robitaille, Debbie Lynch-White et Diane Lavallée. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Geneviève qui a eu un plaisir fou à interpréter ce personnage.

En jouant le rôle principal dans ce film, la comédienne reprend un personnage qui a été créé il y a cinquante-cinq ans! « Au départ, René Richard m’a dit qu’il avait un projet de film et qu’il voulait que j’en fasse partie. J’étais contente, j’ai accepté et je l’ai félicité, puis il m’a dit que c’était Les belles-sœurs et qu’il voulait que je joue le rôle de Germaine. Ma première réponse a été : « Es-tu sûr que je suis capable de faire ça? ». Il m’a répondu que oui, que j’étais sa Germaine. J’ai fait confiance à René Richard, il a vu quelque chose chez moi que probablement je ne vois pas », dit-elle.

Geneviève a dû s’absenter de Stat pour le tournage de Nos Belles-Sœurs, qui a été complété à la fin octobre 2023. « On a essayé de s’accommoder pour que j’aille tourner une journée et demie par semaine sur Stat, mais c’était compliqué pour les horaires de tout le monde et aussi pour l’écriture de Marie-Andrée (Labbé), dit-elle. C’était plus simple d’envoyer mon personnage dans un autre pays. Je pense que je suis partie de Stat durant six ou sept semaines. »

Cela dit, elle s’est consacrée pleinement à ce rôle important qui lui a été octroyé par le réalisateur. « Quand j’ai plongé dans le film, j’étais à cent vingt pour cent concentrée sur ce projet-là, je me pinçais tous les jours, tous les matins et tous les soirs en revenant, parce qu’il y avait quelque chose qui se passait. On a tourné dans un appartement, on n’était pas en studio, et ils ont d’ailleurs défait un mur parce qu’il n’y avait pas assez de place dans la cuisine pour la caméra. Je regardais toutes les actrices, c’était comme si c’était notre premier film, on était bien énervées de tout ça. On s’entend qu’il y avait des gens d’expérience dans l’équipe! Pour sentir l’atmosphère d’un film, tout commence dans le CCM (costumes, coiffure et maquillage), dans une roulotte. Le matin, on parlait de tout et de rien, on chantait, on riait, on disait nos trucs positifs et négatifs, c’était un peu comme un party et l’ambiance était exceptionnelle. J’espère revivre une telle ambiance, cette solidarité-là aussi. Je n’en revenais pas, j’ai vraiment tripé. » 

J’ai demandé à Geneviève quel bilan elle faisait de cette aventure cinématographique. A-t-elle l’impression qu’elle a beaucoup appris sur elle-même et qu’elle a repoussé ses limites? « Je pense que je me suis surpassée, glisse-t-elle. Je ne dis pas que je suis extraordinaire, mais je crois que toutes les années accumulées par rapport à mon métier, je les ai mises à bon escient là-dedans. J’avais ma vision du personnage, et René Richard avait aussi la sienne. Je dirais que Geneviève Schmidt s’est effacée pour son personnage de Germaine, ça je le sais. Les gens vont rire, mais ça va être aussi très très touchant, le film. Il y a des gens qui l’ont vu et qui ont pleuré, parce qu’elle se fait voler et que sa vie est finie. C’est une grosse bulle qui éclate dans le film. »

Ce film va rejoindre quantité de spectateurs, dont tous ceux qui connaissent Les Belles-Sœurs, qui ont vu la pièce ou la version musicale, et bien d’autres qui seront curieux de découvrir cette production, notamment un public plus jeune qui n’a probablement jamais entendu parler de cette œuvre. « Ils ne savent même pas qui est Michel Tremblay! C’est quand même fou que des personnes en bas de vingt ans ne connaissent pas l’univers de Tremblay ni Les Belles-Sœurs, et n’aient pas vu le show musical avec la musique de Daniel Bélanger. Mais après la sortie de la bande-annonce du film, c’est hallucinant comment on les a eus, les jeunes! C’est extraordinaire. Je reçois des messages de personnes de vingt-cinq, trente ans, qui me connaissent dans Stat, et qui me disent qu’ils vont aller voir Nos Belles-Sœurs. Il y a une femme qui m’a dit qu’elle allait initier sa petite-fille de treize ans à l’univers de Michel Tremblay, on va être trois générations à être dans la salle, m’a-t-elle écrit, raconte Geneviève. Je suis chanceuse, je suis privilégiée de participer à tout ça. Je veux que les gens se déplacent pour aller au cinéma, c’est un film à voir sur grand écran, pour les chorégraphies, le look, les effets visuels », ajoute-t-elle.

 

Le film Nos Belles-Sœurs prend l’affiche le 11 juillet.